samedi 24 avril 2010

Maxime Bernier fait de bons hamburgers

Le député Arthur répétait parfois à la radio, dans le temps qu'on lui permettait d'en faire, l'excellente citation de Mark Twain selon laquelle les vaches sacrées font les meilleurs hamburgers.

Ça tombe que j'aime bien les bons hamburgers, et il semble que Maxime Bernier aussi.

Cela a fait cent ans cette semaine, que l'auteur de Tom Sawyer est décédé, et lorsque vous vous amusez à lire de ses citations, on se rend compte qu'elles seront toujours d'actualité.

On a passé la semaine dans les médias médiocres du Québec à faire croire que Maxime Bernier, un Québécois de la Beauce, un homme instruit, diplômé en droit à l'Université d'Ottawa, a été vice-président de l'Institut Économique de Montréal, était un "anti-québécois" et même un idiot.

Or, Maxime Bernier a commis un crime, à de multiples reprises: il s'est attaqué directement à la vache sacrée du "modèle québécois" (modèle que personne ne suit). Il a rapporté ce qui est considérable comme un fait, soit que le Québec est mal vu dans le reste du Canada, car on s'y comporte en précieuses vaches sacrées, dépendantes d'une sorte de religion qui dit qu'on doit les nourrirs, les payer, même les vénérer, simplement parce qu'elles existent.

Le Québec reçoit 8,3 milliards de péréquation chaque année, et il se trouve de véritables cons au Québec qui racontent à la télé, dans les journaux, que cet argent est le notre, vu "qu'on paie déja des milliards en impôts". C'est comme de mettre 20$ dans un pot, mélanger avec la contribution des autres, et se retrouver avec 30$ après redistribution... Ce mensonge grossier, cette fabulation malhonnête vient de grands prêtres du culte de la vache sacrée, parce qu'en secret, ils ont instauré le commerce de la merde magique qui les a rendus si riches. Si vous affirmez donc que cette merde de vache ne vaut rien, que la magie n'existe pas, et que la vache, on peut la hacher et en faire des boulettes pour cuire sur le barbecue, le cours de la merde magique va s'effondrer sur les marchés comme toute bulle, comme toute bullshit.

Les grands prêtres du modèle s'en retrouveront donc ruinés.

La péréquation, c'est la "redistribution de la richesse" à l'échelle canadienne. C'est prendre aux riches, pour donner aux pauvres. Ce que le Québec reçoit, c'est un surplus venant des autres, parce qu'il n'en paie pas assez, qu'il n'est pas assez riche, pour se permettre tout ce qu'il dépense seul.

Or, la péréquation serait une sorte de mauvaise raison de rester dans le Canada. Comme une grande "réserve indienne", où l'on se considère trop précieux pour se salir les mains à travailler, on invoque notre "culture différente" et la survie de la langue (encore du sacré), comme raison de nous satisfaire d'être les assistés sociaux du Canada.

Ce n'est rien d'autre que de l'aide sociale, c'est du "supplément de revenu", sous le couvert de "nous on a fait d'autres choix" (nous sommes donc mieux).

Il est normal qu'un grand pays veille au développement des régions les plus pauvres, tous les pays le font avec plus ou moins de succès, même les États-Unis. On fait le calcul d'une homogénéisation du niveau de vie, pour une stabilité sociale et politique. Une région pauvre, laissée pour compte, devient source de conflit et d'instabilité qui peut emporter le reste.

La péréquation peut devenir un levier, pour justement s'élever et trouver une autre façon de contribuer à l'ensemble. Bien des provinces ont bénéficié de la péréquation. On raconte que même l'Alberta en a autrefois bénéficié.

Terre-Neuve en a longtemps eu.

Le problème vient lorsqu'on considère cette assistance normale, partie d'un mode de vie, d'un "modèle", une raison de rester assis dans son salon pour regarder la télévision au lieu de travailler, et comble de l'ingratitude: en redemander encore.

Moi je les comprends les Albertains qui voient le fruit de leur travail, leurs sacrifices, et même de la pollution causée chez eux dans leur cour, payer des services aux Québécois jamais contents, des services qu'eux ne se paient même pas.

Je les comprends, et je ne suis même pas celui qui paie. Je ne suis que celui qui constate de visu les abuseurs du système s'enrichir à parasiter. À leur place, je serais un "boeuf de l'ouest" enragé.

Non, la péréquation ce n'est pas une "juste part du gâteau". Pas plus que ce que racontait de façon pathétique le président de la chambre de commerce de Saint-Georges, que les subventions aux entreprises sont une "part du gâteau" qui leur revient parce que sinon "ce sera les autres qui la prendront".

Belle mentalité... Que penser de Pierre-Jean-Jacques assisté social de carrière, qui clâme que son chèque du premier du mois est sa "juste part du gâteau", et que s'il n'en demande pas, ce sera un autre qui en aura?

Quand je veux du gâteau après ma journée de travail, je vais chez la pâtissier, et je l'achète avec mon argent. Le gâteau qu'ils s'arrachent, n'est pas le leur, il est payé à même des taxes et des impôts, et le gâteau du Québec a une part payé par le pétrole albertain.

Il n'y a aucune raison justifiant que le Québec soit plus pauvre que les autres. Il n'y a aucune raison qui explique que les Québécois travaillent moins que les autres, tel que raconté par Lucien Bouchard dans le mitigé "manifeste des lucides". Il n'y a aucune raison juste qui puisse expliquer que le Québec est dépendant d'une aide plutôt que contributeur.

Peut-importe ce qu'en pensent les prêtres protecteurs de vaches sacrées comme Gilbert Lavoie du Soleil, le Québec est injuste, il est un modèle de système parasitaire, et nous comprenons qu'eux sont bien confortables tant que nous remettons pas en question pourquoi eux vivent aussi bien en étant aussi inutiles et médiocres.


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mercredi 21 avril 2010

L'échangeur Turcot: l'art de détruire une ville au grand plaisir des ayatollahs de la verdure

Le 13 avril dernier, j'ai effleuré le dossier de l'échangeur Turcot qui devra être remplacé à Montréal. Cela mérite que je revienne sur ce sujet, car c'est encore une démonstration de la contamination de la sphère publique par des maudits fous qui veulent gérer nos vies, l'empoisonner le plus possible, si nous n'adoptons pas le mode de vie qu'ils ont choisi pour nous.

Je suis un québécois de la ville de Québec, mais je passe dans le coin de l'échangeur Turcot (bien que j'essaie de l'éviter), pas loin d'une dizaine de fois par année... Il y a deux semaines, un samedi, ça bloquait encore. Chaque travée entre les piliers a une sorte de forme peu rassurante, qui courbe vers le sol. En 1987, j'avais dix ans, et c'était la première fois que je passais là, en chemin avec ma famille pour des vacances en Ontario, j'étais impressionné, le Turcot avait 20 ans.

L'échangeur Turcot, c'est le principal noeud autoroutier de l'est du Canada. 280 000 véhicules y passent à tous les jours, des travailleurs, camionneurs, qui vont d'une rive à l'autre du St-Laurent par le pont Champlain, vont vers l'aéroport international Trudeau tout près à l'ouest, le centre-ville de Montréal à l'est, et vers l'axe Décarie, l'autoroute 15 au nord.

Si l'échangeur Turcot tombe, et cela peut arriver compte tenu de son état lamentable, cela paralyserait la ville de Montréal pendant des mois. Mais sans le faire tomber, alors qu'on annonce qu'on doit le remplacer de façon urgente, les enverdeurs ont décidé de paralyser la démarche du remplacement de l'échangeur.

Je vous disais que cela fait maintenant trois ans que l'annonce a été faite par madame la ministre pharmacienne Julie Boulet. Un plan avait été dévoilé, les travaux devaient être entrepris, mais la machine s'est bloquée dans le magnifique modèle québécois des politiciens sans courage, des groupes communautaires subventionnés, des parasites, des firmes qui font leur argent en produisant huit études sur le même projet (comme au CHUM où seulement les études ont coûté un stade), et dans le mépris le plus total que tout ce modèle a pour ceux qui soutiennent la société: LES CONTRIBUABLES.

Dans ce modèle, ce sont toujours ceux qui profitent des erreurs, des choix, des retombées directes, qui ont leur gros mot à dire. Dans ce modèle, ceux qui paient sont écrasés, méprisés, taxés et retaxés. Tous ceux qui paralysent la société ne sont jamais ceux qui en paient les conséquences. JAMAIS.

En quoi l'opinion d'un employé de la STM, qui a un intérêt direct dans un sabotage du transport automobile, devrait être prise en compte sérieusement?

C'est quoi le problème?

Le problème ce sont ces groupes de parasites enverdeurs qui cherchent à imposer leurs vues stupides sur le projet. Dans son efficacité actuelle, 280 000 véhicules passent dans Turcot à tous les jours, et ce n'est pas assez parce que l'échangeur bloque déja, il a été construit en 1967 avec des besoins révolus, alors qu'il y avait des millions de voitures de moins en circulation au Québec. Dans le plan original soumis il y a trois ans, on prévoyait que le nouvel échangeur pourrait permettre à 305 000 véhicules de passer chaque jour. Moins d'embouteillages, moins dangereux pour les accidents, moins de pollution atmosphérique causée par des voitures arrêtées des heures à attendre et à brûler de l'essence pour rien.

Mais les crétins du nouvel ordre des choses, rêveurs de société verte vouant un culte à Gaïa, sont dérangés qu'on fasse passer plus de véhicules efficacement dans ce carrefour économique. Ils voudraient de la place pour du transport en commun, ils voudraient que le projet coûte plus cher, qu'il y ait plein de pistes à Bixis et pourquoi pas des toutous et des clowns pour tous?

Nous ne sommes pas dans un conte de villages de petits nains vivant dans des maisons en champignons, déjeunant à la salsepareille! On parle d'économie, de transports efficaces du point A au point B, on parle de la vie de tous les jours d'une ville qui va très mal... où simplement enlever la neige et ramasser les sacs de poubelles, comme partout ailleurs, c'est devenu impossible.

Les idiots aiment ça compliqué. Tout le monde en connait des idiots, ça mènent leur vie de façon idiote, et ça se demande ensuite pourquoi ils ratent tout...

Bien Montréal (et le Québec dans son ensemble), c'est un peu ça... c'est un modèle idiot, grandement apprécié par tous les idiots. On crée des problèmes où il n'y en a pas, on néglige des choses simple, et on se demande ensuite pourquoi ça ne marche pas.

Le problème avec les idiots, c'est que jusqu'au bout, ils sont certains d'être les plus brillants.

Des idiots en politique, y'en a... des idiots et des lâches. Personne ne met le poing sur la table et affirme fortement qu'il n'y aura pas de discussion avec les idiots. L'échangeur doit être reconstruit rapidement, efficacement, intelligemment: pas d'audiences de cons avec l'association des flatteurs de chenilles en ville, ou du collectif pour une fougère plus dense dans St-Henri.

Le sommet de la montagne de bullshit, c'est lorsqu'on dit qu'on veut plutôt faire quelque chose "à dimension humaine"...

Pourquoi nous en sommes rendus là?

En communications, en droit, en arts, en urbanisme, en architechture, on donne des diplômes à des gens lorsqu'ils ont fini par admettre, par se rentrer dans la tête, ce que le professeur a enseigné, soit que 2+2 = 5. Si vous pensez que ça fait quatre, vous êtes recalés. On n'a qu'à enseigner cela sur des décennies, des générations, puis l'enseignement devient vrai, parce que comme on le sait, si tout le monde dit la même chose, c'est que c'est forcément vrai.

Si vous trouvez que l'échangeur Turcot devrait être fait pour des besoins en transports supérieurs, parce qu'en 2025, les besoins risquent d'être plus grands, et que si l'on dépense des milliards dans une telle infrastructure importante, aussi bien qu'elle soit adéquate pour longtemps... Vous risqués d'être recalés.

Dans notre milieu universitaire, surtout au niveau des sciences sociales, des sciences humaines, il y a peu de place pour la contradiction et le débat. La médiocrité devient l'élite et il n'est pas possible de remettre en question quoi que ce soit.

Votre opinion ne vaut rien alors. Vous allez vous trouver un travail honnête dans autre chose, et vous ne prendrez pas le temps de faire un groupe de protection du contribuable, celui qui va travailler en automobile et qui veut garder la liberté pour lequel il travaille, l'automobile.

Dans la société idéale de ces idiots, on vous empilera dans des trains, des tramways, des bus, pour que vous vous sentiez minables, à renifler des voisins qui puent et pour que d'autres vous toussent au visage. Dans leur société idéale, seuls des gens importants et bien riches, comme des contracteurs pourris qui achètent des gouvernements, des organisateurs de groupes subventionnés, des dirigeants du modèle, pourraient bénéficier du transport individuel, qui pour nous est un véhicule familial.

C'est l'inverse du rêve devenu réalité de Henry Ford, cet américain qui a voulu faire un véhicule qui a rapproché les gens, permettant à des familles de visiter des proches dans d'autres villes facilement et efficacement, il a democratisé l'automobile.

Ils veulent un retour à 100 ans en-arrière.

Vous aurez compris que je les déteste, comme je déteste tous ceux qui détestent la démocratie.

La démocratie ce n'est pas que quelques groupes dépendants des subventions puissent détourner le système, c'est plutôt que la majorité puisse exprimer ses propres préoccupations, individuellement.

Ma démocratie, c'est de dire à ceux qui veulent que je prenne l'autobus, après que j'ai payé mes taxes, mes impôts, mes immatriculations, mon essence taxée à 55%, et des frais de transport en commun partout... d'aller paître dans une prairie loin de ma ville. Automobilistes Montréalais, vous devriez en faire autant.

samedi 17 avril 2010

L'appendice du pouvoir et l'organe du parti Libéral

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Cette semaine le syndicaliste coloré Michel Chartrand est décédé après une vie bien remplie à 93 ans. Pour une raison que j'ignore, le "journaliste économique le plus cité" comme on aime bien le présenter à Radio-Canada, Gérald Fillion, a passé une de ses émissions à RDI à nous vanter les valeurs sociales et le dévouement d'un syndicaliste, qui dans ses derniers soubresauts de vie publique en 1998 (alors à 81 ans), semblait assez déconnecté de la réalité du tournant du siècle.

Pour monsieur Chartrand, à cette époque, "les jeunes crèvaient de faim". Il y a longtemps que le Québec n'a pas connu de périodes où "les pauvres" meurent de faim. Même dans le pire de la grande dépression, lorsque Chartrand était adolescent, on arrivait à nourrir tout le monde, plus ou moins bien, avec de grandes soupes populaires.

Personne n'a dit à ce moment qu'il est complètement innaproprié de comparer la situation des pauvres du Québec de 1998, avec des situations de famine en Éthiopie dans les années '80, où réellement des gens mourraient de faim. Même au niveau planétaire, ces dernières années où la population mondiale a continué de croître rapidement, on a jamais aussi bien nourri tout le monde. Même dans les cas des pires désastres, les ONG, L'ONU, et les gouvernements occidentaux, réagissent suffisamment rapidement pour éviter que la faim ne fasse plus de dommages. On a qu'à parler d'Haïti dernièrement suite au tremblement de terre, même si des critiques se font entendre sur les délais, on a eu aucun signalement d'épidémie mortelle, ou de famine.

L'Afrique a connu ses épisodes encore récemment au Niger et au Darfour... Mais ça, ça n'a rien à voir avec la situation des quelques pauvres au Québec!

La faim a tué en Corée du Nord il n'y a pas si longtemps, sans que quiconque ne puisse intervenir, grâce au principe établi que l'on ne doit pas déranger les écoeurants qui dirigent un pays, même si cela doit entraîner des millions de morts. Le communisme, cette maladie contagieuse qui entraîne des désordres mentaux à grande échelle a entraîné les plus grandes famines récentes. Prenons la famine Russe de 1921 (5 millions de morts), comme la famine organisée contre le peuple Ukrainien, l'holodomor, où les soldats soviétiques encerclaient des villages pour forcer les paysants réfractaires à la collectivisation des terres, à la mort par la faim entre 1932 et 1933 (près de 5 millions de morts), et mentionnons le génial "grand bond en avant" de Mao Tse Tung entre 1959 et 1961 qui fit entre 20 et 30 millions de morts.

Y'a pas à dire, le communisme, c'est pour rendre les pauvres heureux!

Toujours est-il qu'on ne recence pas de famine au Québec depuis la conquête anglaise, à part des épisodes de disette au début du XIXe, surtout dues à de mauvaises récoltes dans des soubresauts climatiques froids de la fin du "petit âge glaciaire" (événement notable qu'aucun réchauffiste ne mentionne, car cela prouve que plus c'est chaud, mieux c'est, et que le climat n'est pas déterminé par l'activité humaine).

Je n'ai pas d'admiration pour Michel Chartrand pour son idéologie proche du communisme meurtrier, on raconte qu'il ne s'affichait pas communiste parce qu'il était très croyant (il est entré chez les frères pour en sortir).

On pouvait ignorer le caractère ignoble des régimes communistes dans les années '50, moins dans les années '60, et déja dans les années '70 et '80, cela devenait impossible de passer à côté des désastres successifs créés de toute pièces par cette idée totalitaire de la redistribution de la richesse (totalitaire parce qu'elle doit se produire en spoliant des gens qui habituellement méritent ce qu'ils ont bâti, ou tout simplement en les tuant).

Excusons ce personnage amusant, fort en verbe, pour sa vision passéïste, qui a pris racine dans des idéaux nobles probablement et une croyance pour une certaine utopie (comme une religion qui anime toute une vie).

Mais pourquoi Radio-Canada dans son émission économique, enorgueuillie d'avoir le journaliste le plus cité en matière économique, fait l'éloge d'un personnage qui n'a jamais saisi l'économie? Pourquoi transformer des manchettes économiques, des analyses, par une émission-hommage? Que cherchait la direction de Radio-Canada avec ce choix éditorial?

Il n'y avait pas cette journée-là des rapports trimestriels, des annonces, des fluctuations d'indices, des fermetures, des découvertes? Pourquoi à Radio-Canada, on a fait arrêter de tourner la "planète économie", ce jour-là?

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Chartrand ne semblait pas vraiment apprécier Radio-Canada, comme on le sait, vue comme un repère de fédéralistes par bien des nationalistes purs et durs, à tort.

Comme il est faux de croire que Le Soleil et La Presse sont des journaux fédéralistes, ou même de "droite", ce qui est cru par bien des farfelus d'extrême-gauche. Radio-Canada, comme Le Soleil et La Presse n'ont pas de politique officielle sur la "question nationale". Nombre d'indépendantistes travaillent pour ces médias, qui je vous le rappelle, travaillent officiellement en "convergence commerciale", pour les promotions, à contre-pied de l'empire Quebecor de Pierre-Karl Péladeau.

Chartrand gueulait à Bernard Derome en ondes pendant la soirée des élections de 1998, déja lui-aussi dinosaure, qui posait une de ses questions maladroites citant l'âge vénérable du personnage, qui venait de faire la lutte au premier ministre en poste Lucien Bouchard dans son compté de Jonquière: "Té juste un appendice du pouvoir mon Derome" prenant le soin de lui dire que "le human interest, ça me fait chier".

Les gens de Gesca (Power Corp de la famille Desmarais) ne sont pas des idéologues, des gens de "programme politique", d'agenda rempli d'idées, que ce soit sur la question nationale ou que ce soit sur l'affrontement gauche-droite qui est plutôt absent du Québec, à part avec un court intermède adéquiste, que justement Gesca/Radio-Canada ont tout fait pour terminer le plus tôt possible avec succès.

C'était une menace réelle envers les libéraux.

Pourquoi acheter un réseau de télévision (ou en bâtir un comme Quebecor), lorsqu'on peut en avoir un gratuitement fourni, financé et géré par l'état, à son service?

Les gens comme les Desmarais sont motivés par autre chose qu'un idéal de société. Ils vivent reclus dans un village éloigné de la civilisation à Sagard, entre Charlevoix et le Saguenay. Ils n'ont ainsi pas à se mélanger avec le bouillonnement des affaires de la ville, la région leur appartient et en son centre, un palais monumental digne de rois de pays sous-développés. Les gens comme les Desmarais préfèrent se placer au-dessus de tout, tirer des ficelles à distance, ne pas se salir les mains dans les combats de rue de la politique active. On préfère contrôler directement les partis politiques, en faire de véritables institutions à qui le pouvoir revient historiquement, passant à travers les tempêtes et le temps.

Le Mexique a ainsi eu un parti qui a été au pouvoir pendant 75 ans, le PRI, le Parti Révolutionnaire Institutionnel. Regardez dans quel état est le Mexique aujourd'hui... Le Canada a été dirigé par le Parti Libéral sous Trudeau, Chrétien, Martin, et on a presque réussi à déloger un premier ministre conservateur élu seulement six semaines après son élection, avec l'aide de la convergence Radio-Canada/Gesca. Avec Harper, on sent la frustration des libéraux à qui le pouvoir a échappé, et on traite les idées conservatrices "d'anti-canadiennes" (à Gesca/Radio-Canada), comme si seul le Parti Libéral avait des "idées canadiennes", comme si la démocratie, les élections étaient à toutes fins inutiles, vu que le peuple Canadien n'a pas besoin de se faire présenter d'autres idées...
Cela va dans la culture selon laquelle il est mieux d'être un roi dans un petit endroit, qu'un parmi les autres dans une grande société concurrentielle et libre. Pour évoluer dans une société libre, il faut se battre, pendant que pour dominer dans un petit endroit, nous n'avons besoin que de quelques personnes-clefs qui rendent les services au bon moment.

Pourquoi une société d'état, appartenant au public en étant financée par les contribuables à coups de milliards par année se trouve à être en convergence commerciale et fait la politique médiatique d'un empire de journaux privés, contre une entreprise privée qui a ses journaux et son réseau de télé...? N'est-ce pas déloyal à la fois pour le contribuable qui paie, pour l'entreprise privée qu'est Quebecor qui doit vivre de ses propres revenus, et pour la démocratie qui est ainsi détournée au profit des plans d'un obscur tireur de ficelles?

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Cette semaine dans le cas des allégations de Marc Bellemare sur les rouages du parti Libéral, on aura tout de suite constaté la réplique du Soleil et de La Presse, les journaux de Desmarais, attaquer Bellemare, plutôt que de questionner le premier ministre. Le délateur est devenu le coupable. On ne peut pas attaquer des intérêts libéraux, sans que l'organe officiel du Parti Libéral défende le Parti Libéral.

De son côté, le gouvernement Charest est à mon avis comme les Desmarais, au-dessus de la mêlée des idéologies, gauche-droite, nationalisme-fédéralisme... on gère l'instabilité, on profite des soubresauts en spéculant, c'est l'avantage d'avoir le pouvoir, tirer les ficelles.

Si Charest n'est pas au pouvoir pour les idées, parce qu'il en a pas, pourquoi est-il en politique?

Quand le fils Desmarais est sorti dans les médias, pour une rare fois, une semaine avant le budget, afin de "caller la shot" du budget Bachand, comme si c'était lui qui l'avait personellement rédigé, rappellant que les Québécois devaient payer pour les services (ce n'est pas lui qui paie et notez que de couper des services était exclu), je me suis dit que les États-Unis avaient Bill et Melinda Gates avec leur fondation philanthropique; Bill Gates un fascinant bâtisseur qui a changé le monde et qui fait profiter la planète entière de sa vision... et que nous au Canada, nous avons la famille Desmarais et leur empire obscur qui siège sur le conseil d'administration de la pétrolière Total, qui traite avec la Birmanie, qui a aussi trempé dans le pétrole de contrebande de Saddam Hussein (scandale Oil for food).

Je n'ai rien contre les pétrolières, entreprises utiles qui font travailler des gens... j'en ai contre ceux qui se croient au-dessus de tout et qui changent les règles du jeu.

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Plus haut (image): entête du journal Le Soleil, en 1896

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mardi 13 avril 2010

Un Gomery 2?

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Une commission sur ce que l'ex-ministre de la justice Marc Bellemare a dit, sort du chapeau de magicien de Jean Charest aujourd'hui. Mais cela fait des mois qu'il refuse une commission sur la corruption dans la construction et à la FTQ... Avez-vous senti qu'on vous a jeté de la poudre aux yeux?

On accusait déja le gouvernement Charest de traffic d'influence, de vendre des décisions, des nominations, des projets de lois, à de généreux donateurs. Il faut dire que ce gouvernement Charest est plutôt vide d'idéologies, d'idées, de but... à part peut-être pour Raymond Bachand qui veut notre "bonheur". À quoi sert vraiment ce gouvernement?

Parmi les donateurs, beaucoup de compagnies de construction...

Parmi les donateurs, des gens qui voudraient jusqu'à placer des juges?

Guy Bertrand a parlé il y a six ans d'un problème avec la nomination des juges... personne ne semble s'en rappeler aujourd'hui. À ce moment il y avait le scandale de prostitution juvénile dont certaines radios à Québec ont beaucoup parlé, et ensuite le CRTC et la magistrature ont pris pour cibles ces radios afin de les faire fermer. À la télé, à la radio, on a eu plein d'intervenants, mais il semble que c'est Guy Bertrand présentement qu'il faut contacter, car c'est le premier qui dernièrement a parlé de la nécessité de mener une enquête approfondie sur la justice au Québec.

Il semble qu'il est impossible d'être seulement un bon avocat pour devenir juge. Cela prend toujours des services rendus, du bénévolat à un parti politique, des contacts.

Des juges véritablement impartiaux dans notre système, c'est possible?

Il n'y a rien pour se réjouir avec cette décision de commission d'enquête lancée par là en mesure désespérée. Par exemple, on se souvient qu'un viaduc est tombé sur des gens, que les survivants de cette tragédie ont eu des miettes, que l'enquête a été confiée à un membre du conseil d'administration de Ciment St-Laurent, et que le résultat de cette enquête a été le remplacement de dizaines de viaducs et la réparation de dizaines d'autres... pendant que le dossier de l'échangeur Turcot traine en longueur, bloqué par les consultations d'écolos fous, en attendant qu'il tombe (rien est fait encore trois ans après l'annonce des travaux par la ministre des transports Julie Boulet).

Est-ce que la sécurité du public était vraiment importante pour le gouvernement Charest après la tragédie du viaduc de la Concorde?

Gomery a été un bon show de télévision qui a causé la déconfiture électorale du Parti Libéral du Canada... Mais c'était une commission incomplète: on a évité la question de la nomination des juges, vous vous souvenez de la balle de golf qu'a sorti de sa poche, Jean Chrétien en plein témoignage, avec la marque d'un cabinet d'avocats de Montréal d'imprimée sur sa surface?

On a vite fait demi-tour...

Avec Gomery, on a compris qu'il y avait une culture politique distincte au Québec, une culture de corruption. Depuis, rien ne semble avoir changé, même que cela semble pire que jamais.


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