mercredi 25 août 2010

Basta-en-arrache partie 2: Mandat limité, la bouilloire siffle

La commission Bastarache a été dans sa première journée beaucoup plus explosive que ce que l'on s'attendait. Bellemare y a été d'une "performance" sans failles, à tel point que le premier ministre a convoqué la presse pour nier en bloc les allégations de son ancien ministre.

Malheureusement pour Charest, ça va prendre plus que ça de sa part, sinon, bien que Bellemare sera presque seul de son côté, et que surtout sa parole comptera, à défaut de témoins et de preuves solides, Charest fait face à un récit précis, incriminant, jugé crédible, auquel il ne pourrait pas que répondre "je ne sais pas" et/ou "ce n'est pas vrai". Autrement dit, il est dans de beaux draps sales, comme bien des organisateurs libéraux au fédéral avec des membres dans le tordeur Gomery qui répondaient "je ne m'en souviens pas" et des "non ce n'est pas vrai".

La population, a décidé de croire Bellemare.

Intervention dans un procès criminel

Une allégation a un peu passé sous le radar des divers résumés de la journée à la télévision, j'ai même vu des médias diffuser l'extrait où il laisse tomber ce "gros détail" mais vous l'avez dans cet article de Cyberpresse:

http://www.cyberpresse.ca/dossiers/commission-bastarache/201008/24/01-4309291-marc-bellemare-deballe-son-sac.php

M. Bellemare a révélé qu'il avait au même moment dénoncé une demande d'intervention «inacceptable» de Denis Roy, l'un des conseillers du premier ministre, dans un procès criminel. Me Roy est depuis plusieurs années passé à la présidence de la Commission des services juridiques, responsable de l'aide juridique.
Dans quel procès criminel?

De ce que je me souviens, on a eu quelques procès criminels du temps où Marc Bellemare était ministre de la justice qui avaient rapport avec le scandale de prostitution juvénile à Québec.

Il semble qu'on avait qu'à payer le parti pour ensuite "passer des commandes", aussi simple qu'un service a l'auto. Maintenant que l'on commence à avoir une idée de l'étendue de la corruption du gouvernement Charest, après les garderies, la construction, le financement politique, la justice... Jusqu'où ces gens ont-ils osé "passer des commandes"? Combien de fois a-t-on fait des pressions dans des procès au criminel et au civil, sous d'autres ministres de la justice, vu que des juges étaient "redevables", et qu'il est possible que le système que Marc Bellemare dénonce aujourd'hui a pu être maintenu après son départ.

Drôles de réactions d'analystes...

J'ai passé la journée à écouter RDI et LCN, en plus d'écouter la radio. Une fois de plus, la radio m'a beaucoup déçu. Au FM93, Gilles Parent entre deux jokes de "mononc' " et une entrevue complaisante avec un fabricant de manteaux à 1 000 $ (on appelle ça être proche du peuple), laissait ses collègues faire leur travail avant de pousser quelques "nouvelles insolites" sans intérêt... réellement. (exemple ici)

On s'est aussi mis à se questionner sur les coûts de la commission, on parle de 6 millions $, comme si c'était un montant astronomique, le coût du projet Apollo, le Stade Olympique, alors que 6 millions représente une poignée de change dans l'administration québécoise, surtout qu'elle sert (la commission) à gratter des choses qui nous coûtent bien plus cher que 6 millions $. La corruption dans la construction coûte des milliards chaque année. La corruption de la justice représente le nec plus ultra, le sommet de la corruption dans les pays corrompus du monde, ce qui mène habituellement à des troubles très graves (un peu comme vit le Mexique récemment).

Je n'ai pas à m'avancer beaucoup pour vous dire que la corruption (un modèle) au Québec coûte un pourcentage du produit intérieur brut, donc des emplois, et des dettes pour nos enfants.

Ce n'est pas vrai que ça "toujours été comme ça". Bien sûr, cela fait longtemps que Montréal est la capitale de la corruption et que le Québec est culturellement plus corrompu que le reste du Canada, mais tout cela est un mal qui s'aggrave toujours lorsqu'on laisse faire, c'est un cancer qui évolue facilement lorsqu'il n'y a pas de traitement. Aujourd'hui nous avons des métastases partout.

Cette affaire me fait penser un peu à ce gouverneur de l'Illinois, Rod Blagojevitch destitué, après avoir tenté de vendre le siège de sénateur laissé vacant par Barack Obama. Ce type de corruption, dans les ligues majeures, n'est possible que dans des millieux politiques hautement corrompus, comme Chicago et Montréal. Ce n'est pas tant par le culot qu'on a tenté de vendre un siège de sénateur, c'est parce qu'on pensait pouvoir le faire.

Ce n'est pas parce que M. Fava était culotté qu'il se comportait comme un patron du ministre de la justice (et du premier ministre), c'est parce que c'était fait ainsi. Bellemare aurait très bien pu fonctionner dans cet univers et on en aurait peut-être jamais entendu parler. Des dizaines de toges et de maillets de juges auraient été vendus, sans que personne ne nous informe.

Dans mon dernier texte, je faisais référence à Guy Bertrand qui a au moins à deux reprises au cours des 21 dernières années évoqué la nécessité de nettoyer la justice. Sommes-nous rendus incapables de nous faire traiter?

Les vieilles madames dans les "vox pop" à TVA oublient que c'est justement lorsqu'on fait des enquêtes, qu'il y a des arrestations, que ça va bien. C'est lorsqu'on laisse tout passer, que c'est rendu normal, que ça va mal.

C'est pas vrai que tous les politiciens sont corrompus, du moins au même niveau. Regardez la télévision, vous avez un homme qui a été en politique, voulait changer des choses, qui déballe son sac.

Si cela est possible, c'est parce que nous sommes sur le point de nous traiter, de nous battre pour que notre société soit plus propre. Pour ce faire, il faudra nous attaquer au financement politique et au moeurs mafieuses dans la construction, qui ces jours-ci nous font encore des démonstrations de criminalité organisée à l'oeuvre.

Le mandat de Bastarache est limité, ils voudront à tout prix le laisser aussi limité, mais nous savons déja qu'il existe des liens entre le financement politique et l'accès à des permis de garderies subventionnées, le financement politique et des subventions à des festivals, le financement politique et la construction, le financement politique et la nomination de juges... Donc Charest est déja dans l'histoire (3 années restant à son mandat deux mains sur le volant n'y changeront rien) comme étant à la tête d'un gouvernement profondément corrompu, système organisé, instauré dans les premiers jours du gouvernement Libéral de Charest après l'élection printanière de 2003. Nous pouvons à ce chapître penser détrôner Duplessis.

Jean Lapierre disait qu'en 35 ans, il n'avait jamais rien vu de tel, citant l'effondrement des conservateurs de Mulroney et Gomery.

C'est un peu le prix d'un gouvernement sans idéologie, sans programme, sans passion. On regarde les sondages et on se dit, qu'est-ce qui me ferait gagner, quelles sont mes valeurs aujourd'hui? Crosser pour le pouvoir, le pouvoir pour crosser.

En terminant...

Êtes vous surpris que l'organe de convergence avec les journaux de Power Corp, la Société Radio-Canada passe sur son site cette nuit le témoignage de Marc Bellemare comme 3e nouvelle après une nouvelle sur quelqu'un qui serait un fonctionnaire des services correctionnels qui a changé une page Wikipedia pour dire que les lois linguistiques Québécoises sont des "lois nazies".

Eh bien...

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Mise à jour: Denis Roy ex-conseiller politique de Jean Charest a fait une déclaration publique hier (25 août) spécifiant que le procès concerné par les allégations de Bellemare est un procès lié aux motards de l'opération printemps 2001. Pour sa part, il affirme que son intervention s'est limitée à inciter Marc Bellemare, ministre de la justice, à ne pas intervenir.

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jeudi 19 août 2010

Basta-en-arrache: La machine à remonter le temps

D'abord, j'ai écrit sur ce blog ici le 13 avril dernier (c'était le 7e du règne de messire Jean Charest), que ce n'était pas la première fois qu'on remettait en question les tractations, l'intégrité du processus, de la sélection des juges au Québec.

J'ai eu des réactions intéressantes à ce texte.

Du haut de mon jeune âge, je n'avais mémoire que de ce grand roman-policier rempli d'intrigues captivantes qui est demeuré inachevé, celui du scandale de la prostitution juvénile au Québec. Je me suis souvenu de ces passionnantes émissions d'André Arthur, et de ces déclarations qui ont été jusqu'à donner froid dans le dos, de la part de l'avocat et pas le moindre, Guy Bertrand.

On se demandait si nous étions pas devant la nécessité d'avoir une enquête sur le système de justice entier, sur la nomination des juges, sur la compétence des procureurs de la couronne, bref, revoir tous les rouages du système question d'en faire une bonne mise au point.

Les pires ennemis de la justice étaient devenus des animateurs de radio qui grattaient autour des proxénètes et des clients d'un réseau de prostituées mineures. Des journalistes du Soleil et de Radio-Canada ont tenté de renverser sans succès, le dégoût de la population en discréditant l'enquête qui touchait des "notables", éclaboussait politiciens animateurs de radio serviables et de bon goût amateurs de déguisements. En tentant de remettre le couvercle sur la marmite, annoncant la fin de l'enquête de la police, avec la réaction curieuse de ces médias proches du pouvoir, les rumeurs persistantes faisaient écho de plusieurs notables qui s'organisaient des voyages en Thaïlande. Une autre rumeur intéressante pour le sujet d'aujourd'hui, disait qu'il existerait un chantage ou marchandage entre avocats et juges, qui auraient "trempé" dans cette affaire. J'explique: Un(e) avocat(e) ayant "fourni" des services illégaux à un juge (comme une livraison de jeunes prostituées), sans qu'il ne sache d'où venait l'offre de services, était informé ensuite qu'on savait qu'il avait "fauté". Le juge ensuite ne pouvait plus juger grand chose, étant donné qu'on le tenait par les couilles, donnait à l'avocat(e) ce qu'il (elle) voulait.

Les noms ne sont jamais sortis. Comme on a jamais enquêté sur le volet masculin de la prostitution juvénile à Québec, comme on a jamais cherché à connaître les autres clients. Seul quelques pimps, une poignée de clients (en nombre inférieur aux nombre de prostituées mineures sorties du réseau), ont eu à répondre de leurs actes. Encore aujourd'hui, si je donnais les noms des deux humoristes nommés en cour comme étant clients, je ferais un outrage au tribunal, et on aurait aucune pitié pour moi.

L'odeur de purin qui venait de la radio selon le maire de l'époque et de ses amis, venait bel et bien de la communauté des notables de Québec. On avait affaire à des gens qui disent dans l'ascenseur que ça sent le "pet" mais tout a arrêté là et on a fait lourdement payer les animateurs de radio qui ont mené l'enquête.

Ce n'était donc pas la première fois que des odeurs émanaient du système de justice du Québec.

On pourrait fouiller un peu et trouver les ramifications libérales des juges, qui du temps qu'ils étaient avocats, ont donné des aides juridiques bénévoles ici et là lors de campagnes électorales. Comment vous pensez qu'on reconnaît un "bon" avocat dans le lot pour en faire un magistrat?

Depuis l'histoire du scandale de la prostitution juvénile, les animateurs de radio ont ete condamnés à verser de lourdes indemnités, et un des juges qui a condamné ces animateurs, le juge Yves Alain a été arrêté presque ivre-mort au volant de sa voiture en frappant à répétition les rails du boulevard Champlain à Québec dans une fin d'après-midi, qui a été "arrosée".

Quelques mois ont suffit pour décider que le juge pouvait continuer de juger les gens, même s'il a déja jugé qu'il était "bin correk" pour conduire... à .26.

Après avoir plaidé coupable (2 avril 2007), mais absous inconditionellement (peine donnée aux notables qui font des crimes), le Juge Alain se retrouve aujourd'hui dans le dossier, étant donné qu'il a eu à juger si Marc Bellemare devait aller témoigner ou non devant le Directeur Général des Élections (DGE). Le juge -hic- son honneur -hic- Alain a "sommé" Marc Bellemare d'aller devant le DGE.

La presse partiale Mme Saint-Pierre? Bin non! Toujours-a-t-il fallu que André Pratte de La Presse, dont le frère défendait le CRTC-libéral, contre CHOI FM (Radio de Fillion et Arthur en 2004), a applaudi sur son blogue, aussitôt que le juge Alain -hic- a frappé sa mailloche (29 juillet), interprétant cela comme "enfin un rappel à l'ordre" pour ce fouteur de merde qu'est Marc Bellemare.

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Remontons la machine à voyager dans le temps pour aller lire le journal le 8 septembre 1989. Le Soleil titrait "Guy Betrand dénonce la corruption de l'appareil judiciaire". Aujourd'hui les gens de Gesca traitent Bellemare comme un hurluberlu, comme si ce qu'il disait était en martien, klingon, que ça sortait de nulle part, mais pourtant, dans leur pages A1-A2 (Une et suite) d'un de leurs propres journaux, on évoquait un problème grave. Le Soleil a ces archives, Normand Provencher est toujours employé de ce journal, mais on a une amnésie? Vous pouvez trouver cette "une" aux archives nationales, à une bibliothèque centrale qui garde ces archives (comme la bibliothèque Gabrielle Roy de Québec), certainement à l'Université Laval, ou même au Cegep de Limoilou s'ils ont encore leur machine à microfilms. On reprend la nouvelle dans La Presse, ce merveilleux quotidien où l'on retrouve aujourd'hui l'ami Pratte, édition du 10 septembre, sous la plume de Marie Claude Lortie, elle aussi toujours en poste.

Le 14 septembre 1989, toujours dans Le Soleil, Bertrand fait campagne à l'Université Laval et dénonce une fois de plus la corruption dans la justice, affirmant qu'il faut "décrotter le système".

À l'automne 1989, je commençais mon secondaire, j'écoutais Love Song de The Cure dans mon walkman. Mais Robert Bourassa cherchait à être réélu, Jacques Parizeau cherchait à faire l'indépendance, les gens parlaient surtout de l'accord du Lac Meech, de Chantal Daigle qui avait conçu un foetus avec un débile-léger, et s'amorçait une récession. La corruption n'est pas un thème qui anime les passions, car l'électeur moyen pense que d'un bord ou de l'autre, les politiciens sont tous pourris. On ne fait plus trop la différence entre des petits pots-de-vins condamnables, et la vente aux enchères de l'appareil judiciaire, une "crosse" comme une autre, parmi les autres. 21 ans plus tard, le Québec en est où il en est aujourd'hui, avec Jean Charest et la commission Bastarache qui pourrait être un magnifique feu d'artifice, ou un autre rendez-vous manqué avec un ménage que l'on doit faire régulièrement, pour garder la justice propre.

Est-ce qu'on laisse La Presse ridiculiser Marc Bellemare, ou bien on met de la pression pour en savoir plus? Comment comprenez-vous que des journalistes prennent position pour que l'on enterre une affaire? Il n'est pas dans l'ADN du journaliste et de l'institution de presse, de vouloir faire éclater la vérité?

Et Charest, fera-t-il oublier la corruption dans la construction avec cette commission-éteignoir et en souhaitant une grève des gros bras de la FTQ et des autres terroristes syndicaux? Voilà qu'une intervention de Guy Bertrand dans le dossier m'intéresserait au plus haut point, quelqu'un de notre presse ira-t-il voir l'avocat à la retraite voir ce qu'il pense de cette commission, étant donné qu'il a eu une opinion bien marquée sur le dossier il y a 21 ans, et plus récemment. À suivre dans un prochain épisode...

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Image du haut: Le convecteur temporel de retour vers le futur, rendant possible le voyage dans le temps.

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lundi 16 août 2010

Le Canada aime ses terroristes


Omar Khadr
envoyé par TheEconomist. - L'info internationale vidéo.

Dans toute l'affaire "du petit" Omar Khadr, on nous répète sans cesse combien ont été méchants les Américains de détenir (supposément sans raison valable) ce qu'on appelle un "enfant soldat". Radio-Canada nous a même présenté la maman du petit Omar, au Canada, qui pleurnichait parce que son "petit garçon" a été envoyé par son père (un martyr parti dans l'au-delà chercher ses 72 vierges, un paradis assez sanglant).

Si on dit qu'il est enfant soldat... on légitimise le combat que mènent ces talibans, en les reconnaissant comme "armée". Ce qui n'est pas du tout le cas. Les combattants d'Al Qaida, ou talibans, que les médias ont décider d'appeller "insurgés" dans cette même langue de bois qui vise à légitimer leur combat, ne représentent aucun pays aucune souveraineté, aucun territoire, aucun peuple.

C'est dans cette logique, que l'on explique surtout pas aux Canadiens sur les ondes de leur télévision publique, que Omar Khadr et d'autres sont détenus à Guantanamo depuis 8 ans déja. Ils sont détenus sur une base américaine, dans le cadre d'un processus d'exception, instauré pour la guerre au terrorisme, une guerre qui n'est pas menée contre un pays, un peuple, une armée.

Selon l'idéal des opposants à Guantanamo, à la détention de Omar Khadr, qui sont tous des opposants à la guerre contre le terrorisme (qui n'ont rien à proposer de mieux pour nous éviter un autre 11 septembre), il faudrait fermer cette prison. Cela nous amène des questions à leur poser: Qu'allez vous en faire de ces détenus, qui pour certains sont des organisateurs d'attentats, d'autres comme Omar, de simples lanceurs de grenades à des soldats occidentaux, qui pourraient être canadiens?

Reconnaître des "droits" à Omar Khadr, implique que contrairement à la procédure américaine que Barack Obama a maintenu, que les autorités canadiennes devraient rapatrier Khadr, le juger ici, parce qu'ici les mineurs ne sont pas responsables de leurs actes. Omar Khadr, même coupable, pourrait être aussitôt relâché, retournerait consoler maman, et pourrait à nouveau faire la guerre à l'occident. La principale raison pourquoi Khadr est laissé à Guantanamo, c'est parce qu'on ne le veut plus chez nous, qu'il revienne ici le plus tard possible... et c'est pleinement justifiable.

A-t-on besoin d'un autre qui veut se faire sauter dans le métro pour avoir ses 72 vierges?

Une question comme ça qui me vient aussi à l'esprit en voyant la famille de Khadr à la télé: Pourquoi cette famille a pu obtenir la citoyenneté canadienne, si elle détestait autant l'occident, et voulait vivre au Canada sans la moindre intégration à la société?

Non, ce n'est certainement pas une exception.

En 2003, à 15 ans, Omar était assez grand à jouer à fabriquer des bombes (on a le vidéo), et aller mener la guerre sainte aux côtés de papa, assez grand pour tuer un soldat américain.

On nous dit que le Canada n'a pas "respecté les droits" de ce "citoyen canadien", en le laissant aux mains de ces méchants américains qui d'ailleurs n'envisagent même pas une exécution pour le combattant ennemi.

On nous montre sans cesse le petit visage d'enfant d'une vieille photo, prise avant que papa ne décide de l'amener à l'autre bout du monde pour la guerre sainte. Omar Khadr a maintenant 22 ans, et garde une grosse barbe de taliban. Son petit frère nous le dit, les 72 vierges, ça vaut la peine, elles sentent si bon.

On ne pense pas à une mesure pour expulser de l'occident ceux qui croient qu'il est bien de faire exploser des civils innocents pour avoir un paradis de 72 vierges, prètes à couler du sang pour toi? J'en ai rien à foutre qu'il soit né au Canada, ses parents sont venus ici, et c'est une énorme erreur administrative qu'ils aient pu rester. Ils veulent nous tuer et ils le disent franchement. Certains d'entre nous sont peut-être seulement trop stupides pour comprendre.

Lorsqu'on a décidé de protéger les mineurs au Canada, et de donner une chance pour qu'il puissent se reprendre dans une vie d'adulte, c'était essentiellement pour ne pas qu'un cas de cassage de vitrine, de vol, des actes de délinquance juvénile commis ici, ne soient pas un boulet qui gâchent une vie entière. C'était dans un contexte où l'on jugeait les parents comme étant responsables de leur progéniture, les parents qui normalement veulent que leurs enfants deviennent des bonnes personnes. Maintenant, on a transformé ça en politique du NO FAULT, peut-importe où les actes sont commis. NO FAULT pour les parents, et pour le mineur, partout dans le monde.

Or, cette semaine, on a appris que le Canada avait du libérer un autre "citoyen canadien" qui a eu un rôle à jouer dans la guerre au terrorisme, Abdullah Khadr, soupçonné d'avoir fourni des armes à Al Qaida. Les pakistanais avaient arrêté et incarcéré 14 mois ce détenteur de passeport à la feuille d'érable, parce que Washington leur avait demandé, pour 500 000 $. Fin décembre 2005 il est libéré par Islamabad, et notre "compatriote" a le culot de revenir au Canada.

Finalement il aura eu raison de revenir puis qu'après avoir aussitôt été arrêté à son entrée en territoire canadien, après avoir passé 4 ans en prison, la cour supérieure de l'Ontario a décidé le 4 août de rejeter la demande d'extradition de Washington sous prétexte que Abdullah avait été torturé au pakistan.

Voilà l'autre chanson qui rejoue à chaque fois: Sans preuves, sans marques, sans bourreau reconnu et arrêté, on nous sort la même rengaine que le pauvre a avoué quelque chose parce qu'il a été torturé, et dans cette logique pour le moins tordue il est automatiquement innocenté, blanchi de n'importe quoi qu'il a pu faire. On les croit sur parole.

Ces cas sont défendus par des avocats, qui poussent les causes jusqu'en cour suprême s'il le faut. Ces avocats sont canadiens, et ne sont pas payés par les familles des accusés, ni les accusés, qui n'ont habituellement pas le moindre sou.

Essayez-vous d'engager un avocat qui amènera votre cause en cour supérieure, ou en cour suprême s'il le faut. Avez-vous les centaines de milliers de dollars de nécessaire?

Pour une raison que j'ignore, les contribuables canadiens, honnêtes citoyens, paient pour que des Khadr, puissent circuler libres comme l'air, même si le gouvernement américain les cherchent et ont des crimes graves à leur reprocher, même s'ils ont fait la guerre sainte contre nous. Il semble que c'est ça la justice aujourd'hui.

Pour une raison que j'ignore, des gens à Radio-Canada ont décidé de donner beaucoup d'importance au petit malheur d'Omar Khadr depuis des années, jours après jours, en salopette orange, on lui donne des cours d'informatique à Cuba. Fait à noter que Omar Khadr, blessé dans l'affrontement qui a permis son arrestation, et qui a tué son père modèle... a été soigné par les "bourreaux" américains.

Et quand il sera libéré, il y aura des Canadiens pour fêter et crier victoire!

Serais-ce ça, exactement, ce que sont des traîtres?

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