lundi 12 mars 2012

L'illégitimité certaine du mouvement étudiant

En réponse au carré rouge des grévistes, le carré vert
Ils menacent de casser et accusent le gouvernement Charest de refuser de négocier... Mais négocier quoi? Et pourquoi?

Premièrement, ils n'ont pas le droit de grève, vu qu'ils ne sont pas des travailleurs. Aucun intérêt d'utiliser des scabs! Ils ne produisent rien, ils sont là pour apprendre, pour leur avenir. Les professeurs et les institutions devraient alors avoir le mandat de poursuivre les cours, et les policiers d'assurer un libre accès aux cours pour ceux qui veulent continuer leur chemin vers la vie du travailleur adulte.

Avez-vous déjà vu une grève des malades à l'hôpital? Pourtant, les étudiants sont exactement la même chose que les patients du système de santé: des bénéficiaires, au mieux, des clients. S'ils sont insatisfaits des coûts, des services... ils peuvent toujours aller ailleurs!

Les bénéficiaires des CHSLD, dans des draps souillés qu’on refuse de changer… auraient certainement une raison de faire la « grève » : mais ils sont otages.

Deuxièmement, « l'éducation est un droit »… oui certainement! L'accès à l'alphabétisation, l'école élémentaire, le secondaire, pour la base. Le reste, c'est une responsabilité et un choix. Les étudiants médiocres n'ont pas de droits sur un diplôme qu'ils ne méritent pas, et ils doivent contribuer au coût du service qu'ils reçoivent. La société doit tout faire pour que sa population ait accès à l'instruction de base, mais si un étudiant veut un doctorat en philosophie, il doit travailler pour, et tenir compte qu'il sera peut-être moins en demande sur le marché du travail qu'un neurologue.

Avec l'aide que l'état donne pour l'éducation supérieure, il y a une obligation de résultats: Maintenir les coûts de scolarité trop bas, propose un plan d'étude beaucoup plus relax à bien des jeunes: Cegep en 3-4 ans, Bac en 4-5 ans... pas de problème! Le bon sens élémentaire impose que ce n'est pas à des travailleurs-contribuables pressés comme des citrons de soutenir le mode de vie relax d'étudiants militants qui sont trop précieux pour se salir les mains à laver de la vaisselle les fins de semaine et l’été.

Vandalisme lors d'une manifestation étudiante au poste de police du SPVM
Ces purs petits rejetons du système de déséducation post-révolution tranquille sont le symbole de ce qui ne va pas et ils réussissent l'impossible: nous faire supporter le gouvernement Charest... il faut le faire!

L'illégitimité démocratique

Un mot utilisé à tort et à travers par nos socialos en crise, c'est le mot « démocratie ». Or, il se trouve qu'ils coupent le droit à leurs cours à tous les autres étudiants avec des votes à main levée à majorité simple. Plusieurs campus sont paralysés par des votes de 51-52% avec un taux de participation qui  est loin de représenter la totalité des étudiants. Dans certains cas, une fois que la majorité a refusé une grève, on a procédé à une 2e assemblée générale, 2 semaines plus tard pour un nouveau vote sur la même question (sous le modèle péquiste du référendum jusqu'à ce qu'on ait la « bonne réponse »). À Alma, il y a eu 2 votes en une semaine : Aucun respect du verdict démocratique tant qu’il ne fait pas leur affaire!

On a compté plusieurs cas d'intimidation à l'endroit de groupes contre la grève et pour la hausse des frais de scolarité, parfois même avec une certaine complicité de médias complaisants à la cause, comme La Presse et Radio-Canada. Dans certains cas, on a constaté des irrégularités lors de votes secrets, selon le « modèle Russe ».

Boulevard René Lévesque bloqué par quelques dizaines
Si nos petits chérubins avaient réussi un cours valable de démocratie, ils sauraient que ce n'est pas 500 idiots qui bloquent un pont qui sont en droit d'espérer faire plier un gouvernement élu par des millions de citoyens lors d'une élection. Les décideurs légitimes du Québec siègent à l'Assemblée nationale, c'est parce que nous sommes un état de droit démocratique, même si je ne supporte pas ce gouvernement et que je n'ai jamais voté pour lui. Il n'y a rien de légitime à « virer les bagnoles » à l'envers, ni de bloquer des ambulances sur un pont pendant des heures. Rien ne prévoit de « circonstance atténuante » de manifestation au méfait public, un acte criminel.

Illégitimité financière

Les cotisations des Associations étudiantes sont prélevées automatiquement par les collèges et universités. Alors c’est par esprit de collaboration et pour favoriser la vie étudiante, en finançant journaux et radio étudiante qu’il en est ainsi. Pas pour mettre toute la machine et ses moyens, les cotisations de tous les étudiants qu’on était pas obligé de prélever, sur une mission politique qui ne fait pas l’unanimité. Peu d’étudiants savent qu’ils peuvent exiger le remboursement de ces cotisations illégalement automatiquement prélevées. C’est une façon de protester…

Le biais média

Les journalistes se montrent plutôt favorables à la cause du carré rouge et toujours plus à Radio-Canada, où ils sont totalement complaisants avec le mouvement et les porte paroles. On voit les reporters de télé chercher l’attroupement, permettre aux bonnes personnes de livrer la bonne cassette… Et les manchettes ne dévoilent en « loop » essentiellement que les résultats des votes qui sont en faveur des grèves. À Québec, tous les collèges de la région, plus lucides, ont refusé avec des marges importantes d’embarquer dans le mouvement… L’information semble peu relevante pour les clones de gauche dans nos médias nationaux de Montréal.

Malgré tout, la population semble très peu favorable aux demandes des étudiants dans tous les sondages.

Le mensonge répété

Une des choses qui est totalement fausse et qui est répétée souvent, depuis longtemps, c’est que quelques dollars de plus par session vont réduire «l’accessibilité aux études». Pourtant, même à la fin des hausses prévues, les institutions universitaires du Québec demeureront les plus accessibles du Canada. Sans compter que l’aide financière aux études est augmentée en conséquence. En réalité, compte tenu de l’inflation, les étudiants paient beaucoup moins que ce qu’il en coutait aux étudiants des années ’70, ’80 et ’90 à cause des périodes de gel de frais… ce qui fait que le coût des études en période de gel diminuait, et les frais les plus bas au Canada n’a jamais empêché le Québec d’avoir une diplômation aux études supérieures inférieure au reste du Canada. Le coût n’est donc pas la cause… moi je regarderais du côté de la motivation et de la culture qui fait que dans plusieurs milieux, on méprise le savoir.

Marcher et mâcher de la gomme

Ce n’est pas parce que je suis contre le mouvement étudiant que j’appuie les abus révélés dans certaines institutions comme les bonis à Concordia, ou les voyages à l’UQAC. D’ailleurs, les profiteurs du système ne se gênent déjà pas pour se servir dans le buffet, rien n’empêche d’en même temps que les frais de scolarité soient majorés, qu’un nettoyage en profondeur soit réalisé dans les cadres des institutions et que l’argent public détourné soit remis. C’est possible de marcher et de mâcher de la gomme en même temps.

Alors... si l'aventure vous intéresse, si vous avez soif de démocratie... j'invite tous les grévistes, insatisfaits, militants du partage de la richesse des autres, à aller voir ailleurs: Inscrivez-vous dans des institutions d'éducation ailleurs qu'au Québec, voir si d'abord vous pouvez être admis, et ce que cela vous coûtera pour une session. Allez! Il faut prouver à tous que vous n'êtes pas des bébés gâtés, le dernier iPhone en main avec un compte de 80$ par mois, qui sert à prendre des photos de « springbreak » et d'émeutes.

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Tribune d'artistes subventionnés à la télévision publique financée à 1 milliard $ par année...

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