mardi 3 juin 2014

L'empathie 2.0 pour les parents tueurs & la conscience qui se désiste

On va rester dans les faits divers, j'espère que cela ne vous dérange pas trop... On y trouve des traits culturels, des impacts sur la société, certains faits divers peuvent marquer une époque... comme la saga Guy Turcotte par exemple.

Aujourd'hui c'est du lourd.

C'est quelque chose qui me révolte et qui vient chercher mon coeur de père à chaque fois... Lorsqu'un enfant paie de sa vie, la bêtise d'un parent.

C'est la fète des pères qui s'en vient... Savons-nous c'est quoi un père au Québec?

Thierry Patenaude Turcotte a dépassé les voitures qui
attendaient au passage à niveau pour se stationner sur
la voie ferrée en attendant le train avec son fils de 20 mois
Est-ce un lâche qui se suicide en assassinant ses enfants, parce que soi-disant "poussé à bout"?  ...genre par une mère qui veut la garde...

Pis même si la mère est folle et que la justice est pourrie... est-ce que l'enfant a le droit de vivre quand même?

Un père... est-ce un dérangé qui trippe selfie sur Facebook, son compte qui sert aussi à montrer son bateau, son char, et qui devient adepte des groupes masculinistes lorsque la mère veut faire entendre ses droits? ...genre que certains papas semblent oublier que l'enfant est sorti de quelque part où il a été pendant 9 mois porté...

On entend moins ces groupes dernièrement... On se souviendra de ce papa Jocelyn Marcoux de Warwick qui a décidé de brûler ses enfants dans le cabanon, avait adopté ce discours contre ces "maudites femmes" pour qui la justice aurait un préjugé favorable. Le problème de Jocelyn, et y'a jamais pu le comprendre de son vivant, c'est que le systeme qui voulait lui enlever les enfants devait avoir eu raison quelque part... puisqu'il a été capable de tuer.

Bref, encore... les enfants n'ont pas été retirés à temps des mains de celui qui menaçait leur vie.

Celui qui au lieu d'être père, voit sa progéniture comme un bien meuble. On lui enlève légalement un bien, il brise le bien pour que personne d'autre n'ait ce bien.

Un père serait plutôt un guide, un homme qui donnerait sa vie pour son enfant, qui aime pas mal inconditionnellement, disons au-delà d'un paquet de ce qu'un adolescent troublé peut faire voir. Un vrai père qui sent le courage et le sacrifice, accepterait d'être loin de son enfant pour son bien. Il accepte que mieux vaut une mauvaise mère, un beau père qui inspire peu confiance, que la mort, la maladie, peut-importe... on se comprend.

Le vrai père ne pense pas à lui en premier.

Normand, l'ami de Jocelyn Marcoux de Warwick a déclaré sur Facebook que Jocelyn avait eu du "courage". Le con avait mené une guerre juridique de 7 ans contre son ex. Personne de son entourage ne semble l'avoir raisonné... du moins, s'il y en a eu ils ont été plus discrets que ceux que l'on pouvait lire sur Facebook, et n'ont pas été entendus. Lorsqu'un frustré déraille, et qu'il a des appuis, cela l'empêchera d'analyser ceux qui veulent le retenir, le raisonner.

Ça m'a terriblement choqué.

Jocelyn Marcoux, l'enragé qui tue par le feu
Je me souviens aussi de ce furieux dans le coin de Plessisville... Denis Philippon cherchait à faire un face à face avec son garçon en bas âge. La mère qui était inquiète et s'attendait au pire suivait dans une voiture derrière. Dans un premier accident, le garçon meurt, mais lui est indemne. Il a transporté l'enfant inerte dans un autre véhicule, volé à la mère sur les lieux de l'accident, pour aller faire un autre face à face.

Encore, on a eu des commentaires qui devaient expliquer ce genre de gestes.

Vous vous souvenez au début de l'affaire Guy Turcotte, on a su que la mère Isabelle Gaston, était partie en ski avec son nouveau chum, on devait trouver que c'était une raison au père de tuer ses enfants de dizaines de coups de couteau...
Denis Philippon: regardez-moi, il est à moi
La cause des papas frus prenait du plomb dans l'aile devant les yeux du public... Peut-importe... dans le Voir de Simon Jodoin 5 ans plus tard on a eu Gab Roy (récemment accusé d'agression sexuelle sur une mineure) en entrevue avec un hurluberlu barbu qui dit que tout ça est de la faute à Isabelle Gaston.

Puis, il y a eu hier matin cette histoire à Saint Liboire sur la track de chemin de fer. Là où j'arrête mettre du gaz à chaque fois que je vais à Montréal, parce que c'est là le moins cher. Un autre qui croyait avoir le droit de vie ou de mort sur un enfant. Un autre à qui l'on a pas enlevé l'enfant assez rapidement.

Thierry Patenaude Turcotte avait plus de 1700 amis sur Facebook: WOW. N'y avait-il pas des interventions entre amis plus ou moins lointains, comme moi je peux lire sur mon fil... lorsqu'un Jocelyn Marcoux tue ses enfants qui disait "Rien ne justifie de tuer ses enfants, RIEN". "C'est pas un père, c'est un salaud!"...

Jamais?

Peut-être que si le "père poussé à bout" lisait de telles manifesations de l'opprobre, de condamnation de tels gestes, plutôt que des justifications et du braillage... ses mauvaises idées seraient automatiquement chassées par conditionnement. Peut-être que non...

Pis vous avez toutes ces inepties que les prêtres catholiques ont l'habitude de répéter lors de funérailles... Dieu pardonne tout, enfant tué et papa se retrouvent en univers mystique, et il n'y a plus de soufrance: Vous avez bien compris, le problème est "réglé"...

Plus tôt cette année, on a eu l'affaire avec Martin Godin... un éleveur à chiens, d'un chenil ou les chiens ne sont pas vraiment bien traités. Deux enfants, la mère (ex), et le nouveau chum, tués par l'homme réputé violent et instable. Parfois un journaliste va trouver la recette du drame complète: Dans le cas de Godin, il y avait du délire religieux et une bonne consommation de drogues dites récréatives.

Les médias se tourneront vers la "cassette" de l'aide psychologique: Bullshit. Vous aurez beau embaucher une armée de milliers de psychologues, la plupart des parents tueurs fuient toute aide. Ils sont seuls à avoir raison, leur scénario n'a du bon sens que dans leur tête... et chaque justification du "désespoir" nourri leur idée de scénario à mettre en scène. Car il s'agit vraiment de spectacle: Partir dans la vengeance, dans quelque chose qui frappe... une violence qui vise à détruire l'autre parent pour le reste de ses jours. Avant le braillage du désespoir, faut y voir LA HAINE.

Ce qui aiderait psychologiquement le Québec serait que l'on cesse de justifier l'infanticide par "la dépression", "le désespoir", par "être poussé à bout". Haïr son ex pendant 7 ans ne devrait jamais être quelque chose de "normal".

Les proches devraient être choqués devant le meurtre d'un enfant... une des pires injustices qui puisse être faite.

AJOUTS: Parmi les 1700 "amis" Facebook, vous trouvez ça... C'est dévastateur pour le droit de vivre des enfants. 




Si tous les dépressifs, les désespérés, les "poussés à bout", les manchots, les puceaux à 30 ans, les yeux cross-side, avaient des justifications justes de tuer... Il ne resterait plus grand monde sur cette planète. On connaît tous quelqu'un qui a eu des épisodes VRAIMENT difficiles... a-t-il tué pour autant?

J'en ai une autre thérapie de groupe à proposer... Arrêtons de rendre hommage à des lâches, des monstres, des salauds. Arrêtons de permettre ces pages Facebook en hommage à des criminels qui ont volé des vies. Corrigeons nos proches lorsqu'ils dérivent dans cette direction. Non, ne pas juger ce n'est pas bien. Normalement, on a la faculté de juger le bien du mal, du beau et du laid, ce qui est juste ou ne l'est pas... c'est fait pour s'en servir. Ne pas le faire c'est de la paresse et de la lâcheté.

La lâcheté n'engendre que la lâcheté: Ce n'est pas ça être père. Soyons plutôt des sentinelles et des guides, des aspirants à l'héroïsme, des imparfaits qui font de leur mieux, et qui n'abandonnent pas.

***MISE À JOUR - EXTRAIT JOURNAL DE MONTRÉAL : Voici la "carte de hockey" de Thierry Patenaude Turcotte...
Un juge avait récemment ordonné que les parents ne consomment pas d’alcool de façon abusive ni de drogue, en présence de Nicolas. 
Thierry Patenaude-Turcotte avait des antécédents criminels en la matière. 
Il a été reconnu coupable de production de drogue en 2004 et de possession de substances illicites en 2010. 
La même année, il a plaidé coupable à une accusation de conduite en état d’ébriété
En 2012, un juge l’a condamné à 90 jours de prison discontinus pour avoir conduit pendant une interdiction et avoir omis de s’arrêter lors d’un accident (délit de fuite). 
Le père de famille était également en attente de procès dans deux autres causes, pour liberté illégale et voies de fait et menaces.
UN BEAU CV N'EST-CE PAS?


***MISE À JOUR 2 - 24 juin 2014

Des plaintes signalées à Facebook ont mené à la suppression du compte dont je me suis servi pour dénoncer l'attitude des proches du tueur, qui en fait, défendaient son geste, et attaquaient la mère à cause de sa volonté de protéger son enfant d'un tueur potentiel/ensuite accompli.

Ce compte "Brouilleur d'ondes" a été supprimé sans avis, sans appel, sans que je puisse expliquer le contexte à qui que ce soit, plusieurs semaines après le débat.

Cependant... ceux qui attaquaient la mère, justifiaient leur meurtre d'un jeune enfant, comme Eric Boisvert Greewood (référence aux screenshots plus haut) sont toujours en ligne, sans être inquiétés. Encore, le compte du tueur mort... est aussi toujours en ligne, avec ces commentaires défendant le le meurtre d'un jeune enfant.

Disons que ça laisse un certain arrière goût ce genre de "justice" expéditive, à la faveur des écoeurants...

Mais quel genre de clowns Facebook embauche pour faire la part des choses?

***

La conscience qui se désiste...

Je change de sujet, mais c'est en lien avec la lâcheté qui peut causer des morts.

C'est aussi en lien avec le fait d'être père.

Un gars qui semble être tout ce qu'il y a de maudit bon gars, de bon papa, est mort d'une infection dans les derniers jours. Dominic Paquet attendait une greffe de moelle osseuse depuis des mois, cancer. Un jeune père de famille.

Pendant sa trop longue attente, on avait trouvé un donneur compatible en février. Coup de théatre: au moment d'agir, au moment de possiblement sauver une vie, le donneur se désiste, comme un lâche. On a pas les raisons... Le donneur s'est désisté, bref cela ne veut pas dire qu'il y a eu une bonne raison. Il a eu peur de la piqure dans la hanche?

Les médias de Québec ont été mis au courant de l'affaire et ont fait le travail: 2000 personnes se sont portées volontaires via Hema Québec. On a donc trouvé un autre donneur, mais cela aura pris quelques semaines de plus.

Au moment de préparer la greffe, l'immunité est affaiblie, réduite à néant. Une infection opportuniste s'est imposée. Tout me porte à croire que si l'autre zozo ne s'étyait pas désisté, ce papa aurait eu une chance, plus de probabilités de voir son garçon à la fête des pères, sinon peut-être de voir plusieurs autres fêtes des pères, soit voir grandir son fils, probablement son rêve le plus cher.

Cette nouvelle triste, comme il y en a plusieurs par semaine, m'a particulièrement touchée. J'espérais que le "désisté" se sentait cheap en apprenant la nouvelle. Mais pour se sentir cheap, toujours faut-il avoir une conscience...

L'été s'amorce, ça prendra des sujets plus joyeux.

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