vendredi 19 septembre 2014

L'Écosse dans la dignité

Le Québec aurait grandement à s'inspirer de l'Écosse, mais pas nécessairement pour les raisons que nos clowns folkloriques du Parti québécois ont soutenu dans leur pélerinage ridicule au pays des hommes en juppe carottée jouant de la cornemuse.

Oui, j'ai bien aimé Braveheart... mais depuis l'histoire de William Wallace, il y a une union qui dure depuis 307 ans entre l'Angleterre et l'Écosse. Je dis ça parce que peut-être que Wallace s'est "reviré dans sa tombe" il y a 307 ans... mais pour le 18 septembre 2014, je crois bien qu'il repose en paix.

L'Écosse est déjà connue et reconnue, l'Écosse est prospère et déjà fière.

L'Écosse a connu un de ces débats qui laissent des marques, dans la société aujourd'hui, dans les familles, et dans l'histoire... mais il a accompli la tâche avec dignité et honneur. Là où le Québec a carrément échoué en 1995.

L'Écosse a rejetté l'indépendance à 55,42% avec une question claire. Le Québec a tenu deux référendums, les deux fois avec des questions vagues, frôlant l'hypocrisie, malgré que l'électorat avait plutôt compris "l'astuce".

Le premier ministre Salmond dit accepter le résultat et qu'il travaillera avec...

Jacques Parizeau a blâmé les autres, avec un verre, ou quatre, de trop dans le nez.


En passant... Rappelons-nous toujours que la belle mère de l'Élysette était carrément en train de perdre le référendum en septembre 1995 lorsque Lucien Bouchard a pris les devants pour "sauver les meubles".

David Cameron de son côté dit que la question est "réglée pour une génération", et affirme qu'il a été "juste" de faire ce débat... Tout le contraire des tenants du fédéralisme du fédéralisme du Parti Libéral du Canada.

Trudeau, Chrétien, des promesses grossièrement non-tenues. Cameron aura plus d'honneur que ça.

J'en retiens que la démocratie Écossaise et Britannique est en meilleure santé que la notre. Le débat a été relevé et bien plus honnête que ce que l'on a pu connaître au Québec et au Canada, de la part des deux parties.

Bien sûr, que ce soit notre tradition démocratique au Québec, ou cette démonstration civilisée effectuée par l'Écosse cette semaine, cela n'a rien à voir avec la parodie russe des référendums de Putler pour la Crimée, la Transnistrie, l'Abkhazie, ou n'importe quel lopin de terre arraché par les russes au plus grand mépris du droit international, des insultes à l'intelligence et à notre civilisation.

Le Québec a bel et bien à apprendre de l'Écosse...mais ne comptez pas sur nos clowns folkloriques déconnectés du Parti québécois, Martine Ouellet en tête, pour revenir d'Édimbourg avec l'idée d'exploiter les richesses pétrolières de Old Harry, Anticosti et de Gaspé.

Les mauvaises raisons de séparer l'Écosse et le Québec

Tant les nationalistes québécois qu'écossais mettent l'accent sur un supposé "pacifisme" que l'on reconnaîtrait dans ces peuples, disons un pacifisme "de sang"... Au Québec, moi j'y reconnais plus la désertion et le repli sur soi, une constante depuis la 2e guerre mondiale.

Les nationalistes écossais et québécois veulent un "état providence", c'est le discours du "solidaire", qui veut se soustraire à un pouvoir "conservateur" qui veut "détruire les programmes sociaux". Au moins les écossais paient leurs propres services sociaux... au Québec, c'est la péréquation qui paie.

Mais pourquoi des québécois séparés du Canada, des écossais séparés du Royaume Uni n'auraient plus jamais le choix de se tourner vers le conservatisme? Indépendants, il ne seraient plus vraiment démocratiques? Ils pensent que l'austérité deviendrait facultative, et heureusement impossible?

Une des craintes majeures des fédéralistes pragmatiques du Québec, à défaut d'un attachement plus profond pour le Canada, c'est la crainte de rester seuls, enfermés avec ces solidaires carrés rouges fous, c'est la peur de se faire piller par des révolutionnaires éduqués à "l'université de la banane". Pas besoin d'une "campagne de peur" pour avoir peur...

Certains ténors souverainistes québécois ont soulevé des doutes sur leurs convictions démocratiques. Le doute suffit pour amener le rejet de l'option, rendu à l'urne.

Indépendants dans le "concert des nations"

À connaître les plus fervents indépendantistes québécois, on se retrouve avec un discours articulé autour de l'anglophobie, l'anti-occidentalisme, de l'anti-américanisme, un protectionnisme économique et culturel, un fond antisémite, et un conspirationnisme qui éclabousse tous les dossiers politiques: tout est décidé contre "nous".

Le Canada et le Royaume Uni sont des puissances du G7, des alliés de l'OTAN. Tant un affaiblissement de ces deux joueurs importants, en meilleure santé économique que la France et l'Italie par exemple, affaiblirait l'occident entier dans une période trouble. Affaiblis devant le bouillonnement islamiste... affaiblis devant les dictatures en émergence comme la Russie néo-impériale, ou les théocrates iraniens.

J'enlève la logique économique de dire "oui" ou "non": Le Québec n'a plus les moyens, l'Écosse pourrait avoir les moyens. Il y a l'aspect macro-politique, il y a plus grand que le "nous", car l'isolement n'est pas souhaitable ni viable.

À quoi servirait un Québec et une Écosse "pacifistes" rejettant l'OTAN, dans ce "concert des nations" qu'est le monde du 21e siècle? Deux petits pays avec un rôle, un poids marginal, qui enlèvent du poids à deux membres importants d'organisations véritablement vouées à la stabilité mondiale, le G7 et l'OTAN.

Voilà ce sur quoi aujourd'hui porte ma réflexion dans ces débats identitaires qui sont bien sûr légitimes... mais plutôt en décalage avec notre époque.

C'est sur l'identité de l'Occident, nos valeurs communes, qu'il faut travailler.

Le Royaume Uni, comme le Canada, et d'autres pays occidentaux comme la France et l'Allemagne, font face à un problème grandissant qui menace de loin, mais aussi de l'intérieur: l'islamisme. L'échec des politiques naïves multiculturalistes ne doit pas devenir un motif pour se morceler, s'isoler... Il faut plutôt défendre l'Occident dans son ensemble avec plus de fermeté. La frontière doit s'établir entre notre monde civilisé et l'espace laissé au contrôle des barbares amateurs de ceintures de bombes qui coupent des têtes.

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lundi 1 septembre 2014

"L'hégémonie"

Hégémonie 
hégémonie, sur le Wiktionnaire: 
L'hégémonie est un mot d'origine grecque dérivé du mot hêgemôn (ἡγεμών, « commandant en chef »). Hégémon est ordinairement appliqué à l'Antiquité grecque et à la période Printemps et Automnes de l'antiquité chinoise. 
Dans le langage courant, l'hégémonie est une domination sans partage. 
C'est aussi un concept forgé par le philosophe marxiste Antonio Gramsci, pour désigner la domination idéologique d'une classe sur une autre (voir hégémonie culturelle et (en) le concept d'hégémonie chez Gramsci).

"L'hégémonie américaine" est surtout un concept politique qui existe dans la tête des anti-américains, qui sont habituellement anti-occidentaux, anti-libéraux et anti-démocrates. Prononcer cette expression revient à adopter, prendre pour acquis que l'Amérique domine le monde "sans partage"... c'est fantasmagorique.

Hégémonie américaine "vue" par les communistes français il y a longtemps déjà...
Qui peut prétendre que l'Amérique "domine le monde", donc, ordonne des choses à des états souverains, dont elle reconnaît pourtant la souveraineté, et la respecte? Les États-Unis auraient bien apprécié que ses alliés canadiens, ou français, soient présents en Irak en 2003... mais le Canada, pays souverain, a dit non. Certains alliés traditionnels se sont même parfois montrés hostiles aux plans américains... Donc, ils ne sont évidemment pas "dominés sans partage".

Washington est certes un pôle politique qui a une influence dominante dans le monde, mais parler "d'hégémonie" démontre un parti-pris clair, une hostilité à Washington.

Nous appellerons les adeptes du courant contre ce qui est appellé l'hégémonie américaine, par les anti-occidentaux anti-américains, les "contrehégémonistes". Soit, ceux qui sont contre que l'amérique domine sans partage le monde, dans leur monde d'imagination.

Les contrehégémonistes trouvent souvent que les idées, les systèmes politiques venus d'ailleurs, sont moralement et légitimement équivalents ou supérieurs à ceux de nos démocraties occidentales... ce, même s'ils sont en fait le contraire d'idées qu'ils prétendent défendre en s'opposant au concept fabulatoire d'hégémonie, comme la démocratie.

Parce que le contrehégémoniste prétend à peu près que l'hégémonie américaine est une tyrannie, que la volonté démocratique du peuple, son intérêt, va nécessairement à l'encontre de cette tyrannie impérialiste.

Et, parce qu'équivalentes selon eux, moralement et légitimement, on se met à expliquer, justifier, même promouvoir des idées qui viennent de véritables dictatures, tyrannies, de pays souverains "insoumis" (ce qui est pourtant en contradiction au concept de départ d'hégémonie) comme la Russie néo-impériale poutiniste et ses alliés habituels, tous des pays non-démocratiques, des régimes qui dominent sans partage chez eux: Iran, Corée du Nord, Venezuela, Cuba.

C'est pourquoi que lorsque vous écoutez François Brousseau à Radio-Canada / RDI commenter la guerre en Ukraine, il n'utilise jamais le mot "invasion" même si cela en est une de facto... et qu'il est toujours plus poli dans ses commentaires avec Vladimir Poutine qu'il ne l'a été avec le président américain élu et réélu, George W. Bush.



Bien pire que Carter

Après, je pourrais mentionner suite à ces deux mandats de Barack Obama qui se terminent l'an prochain dans un fiasco relatif au plan de la politique internationale (la période électorale commence dans quelques mois), tant en Irak/Syrie que chez nos alliés européens de l'Est... Ce préféré des anti-américains, anti-occidentaux, contrehégémonistes, n'aura que permis par sa lamentable faiblesse stratégique, à Poutine de placer ses pions pour le rétablissement d'un empire russe dans ce qui a été historiquement appellé "la nouvelle russie".

Comment peut-on prendre au sérieux ceux qui disent d'avance qu'ils ne frapperont pas? Le concept imaginaire, inexistant, de l'hégémonie américaine est devenu encore plus absurde sous Obama. On compare depuis l'Obamamanie de 2008 Obama et Carter... On s'est demandé lequel était le pire. J'estime que les résultats sont plus graves aujourd'hui: le règne de Carter a vite été oublié avec Reagan, alors qu'Obama a pu sévir sur 2 mandats, et cela se termine dans une atmosphère de guerre mondiale.

On dit que Krouchtchev a décidé de placer des missiles à Cuba lorsqu'il a visité les États-Unis à l'invitation de JFK. Krouchtchev lorsque revenu a décrit Kennedy comme un "bon gars". Le "bon gars", c'est aussi celui qui se fait rouler. Je préfère être représenté et défendu par des faucons que par des "bons gars"... Lorsqu'on a besoin d'un chien de garde, on ne se prend pas un beagle.

Le potentat de Moscou lui, dominera son empire sans partage, sans pouvoir au peuple, sans élections libres, sans libertés de commerce, sans liberté de parole, dans toutes ses terres conquises par ses hommes auquel il n'aura même pas accordé des funérailles officielles lorsque tombés au combat en Ukraine.

Et il comptera même sur l'appui logistique d' Edward Snowden...

D'après vous, pour qui a voté le "héros" qui a retourné sa veste contre "l'hégémonie américaine"?

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P.S. Voilà ce que j'écrivais dans une chambre d'hôtel d'Odessa en Ukraine le soir du 19 septembre 2009, il y a 5 ans... à relire, j'me trouve presque prophétique. http://brouilleur.blogspot.ca/2009/09/pire-que-carter.html

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