lundi 10 novembre 2014

Merci monsieur Gorbatchev pour ce que vous n'avez pas fait...


Merci M. Gorbatchev de ne pas avoir permis de tirer sur tous ces gens... 
Un grand merci de ne pas avoir été un criminel contre l'humanité... Pour ne pas avoir été ce tueur de masse que plusieurs auraient souhaité, on vous a remis le prix Nobel de la paix en 1990, même si 4 ans après votre arrivée au pouvoir, les citoyens des pays de l'Europe de l'est étaient toujours prisonniers chez eux...

Vous aurez compris mon ton ironique...

Qui ne célebre pas aujourd'hui cet événement?

L'ex-KGBiste auto-couronné tsar de Russie, l'empereur de la république de Donetsk, empereur de Crimée, Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine a déjà dit que selon lui, la pire catastrophe géopolitique du XXe siècle, c'était la chute de l'URSS, chute déjà amorcée au moment où le mur tombait à Berlin.

Une "catastrophe géopolitique"... Pas les deux guerres mondiales et leurs dizaines de millons de morts, NON...: La chute d'une dictature, chute que n'importe quel humain respectable salue.

Aujourd'hui, 25 ans plus tard... Poutine joue à la guerre froide, s'amuse à la chauffer en Ukraine.

Pour apprendre ce que c'est une "catastrophe géopolitique", regardons son régime impérial... et préparons-nous à voir l'histoire se répéter.

La tache de Gorbatchev

Pour Gorbatchev, que l'on ne cesse pas de remercier pour ne pas avoir permis un bain de sang à Berlin, la nouvelle "guerre froide" est de la faute à l'Ouest, à l'OTAN.

Sur Poutine, voilà ce qu'il disait avant de quitter pour se rendre à Berlin en fin de semaine dernière:

Je suis absolument convaincu que Poutine défend aujourd'hui mieux que quiconque les intérêts de la Russie. Il y a bien sûr dans sa politique de quoi attirer les critiques. Mais je ne souhaite pas le faire et je ne veux pas que quelqu'un d'autre le fasse...

Voilà un grand démocrate, n'est-ce pas?

Monsieur Gorbatchev n'a donc pas appris lui aussi des erreurs du passé. Par ce genre de déclarations, et par ce "lobbying" qui promettait de faire auprès de Madame Merkel au service de Poutine, il aura participé à deux défaites du "jeu" de la guerre froide.

Ce que l'on ne dit plus dans les récits de cette histoire... c'est qu'un mois avant la chute du mur, Mikhail Gorbatchev, le 7 octobre 1989, était présent aux côtés de la crapule Erich Honecker, dirigeant de l'Allemagne de l'Est. On célébrait alors les 40 ans de l'Allemagne de l'Est.

Gorbatchev présent aux côtés de Erich Honecker, un mois avant la chute du mur

Voici sur vidéo, on le voit à 10 minutes 8 secondes du début... Vous avez à la même tribune d'honneur le despote Nicolae Ceauceșcu qui à ce moment, a moins de 80 jours à vivre... mais il ne le sait pas.



Vous voyez que dans l'Est communiste, on a toujours de grandes célébrations solonelles au quart de tour, et que même lors d'anniversaires, on sort sa plus belle tête d'enterrement. Les tanks et les missiles au lieu de feux d'artifice et de ballons.

Une dernière "photo de famille"... dans cette mise en scène affreuse, sous un ciel gris, devant des immeubles laids, avec des armes lourdes, et des voitures protocolaires (marque ZIL inspirée d'une Packard de 1955) qui ressemblent plus à 1959 qu'à 1989.

Erich Honecker promettait que le mur pouvait rester 50, ou 100 ans de plus, tant que les raisons pourquoi on l'a érigé demeureront, c'était au printemps de 1989.

En 1991, Honecker se rend à l'ambassade du Chili à Moscou, d'où il a tenté de fuir vers le Chili, où sa veuve demeure toujours. Contrairement à sa femme qui a réussi à se rendre au Chili, il est rapatrié en Allemagne pour être jugé en 1992, officiellement accusé pour la responsabilité dans la mort de 68 personnes qui ont tenté de fuir son régime. Il sera relâché pendant les procédures pour "raisons humanitaires" (humanité qu'il n'a pas accordé à ses victimes), parce qu'il est alors en phase terminale d'un cancer du foie. En 1994 il meurt à Santiago, et ses funérailles sont prises en charge par le parti communiste du Chili. Fait à noter, les co-accusés de Honecker prendront en 1993 de 4 à 7 ans de prison pour leur responsabilité dans ces crimes contre l'humanité que sont d'ordonner de tirer dans le dos de civils qui fuient.

Dans le pacte de Varsovie, Honecker était de la vieille garde, réticente aux réformes. Gorbatchev était un réformiste qui voulait sauver une dictature en la ramollissant. 

Morale de l'histoire? Le destin d'une dictature c'est de chuter : le destin d'une dictature molle est de chuter mollement. Et aussi, mieux vaut s'informer davantage que par les grands titres où l'on fabrique des mythes. Le prix Nobel de la paix a une valeur variable d'une année à l'autre.


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samedi 1 novembre 2014

Du front commun tout le tour de la tête

C'est vendredi, l'Halloween... une maman a la permission de quitter le travail plus tôt pour s'occupper de son enfant qui fait de la fievre, en "congé de garderie". 14h30, elle prend l'autobus du RTC... Il est rempli de "fronts communs" et de "on a rien volé" qui demandent 4,5% d'augmentations et de "rattrapages" les trois prochaines années.

Rattrapage... il y a toujours quelque chose à rattrapper sur les salaires pour un syndicat de fonction publique... mais pas de rattrappage sur la liste d'attente, pas sur le nombre de bains donnés par semaine aux vieux dans les CHSLD. La convention a "conventionné" tout ça.

Dans cet autobus... tout ce beau monde n'a "rien volé"... mais il est 14h30, et eux, ont fini leur semaine, à leur heure "normale" de l'est.

Il y avait le 9 à 5... voici maintenant le 9 à 2 du vendredi, dans le réseau.

Le complexe G se vide alors, sans complexes. Surtout qu'en transport en commun, on lave notre âme de méchants pollueurs. On se donne du crédit carbone...

Ils n'ont rien volé du tout... pour une taxe santé, faut être solidaire, on prodigue le "panier de services" québécois, la pause café est équitable. Nous sommes le modèle que tout le monde admire après tout...

La maman qui a eu sa permission de quitter plus tôt, soit plus de 2 heures plus tôt, ne connaît pas les semaines de 35 heures de la fonction publique. Elle travaille au privé là où 35 heures, c'est une blague. Dans cet autobus bondé contre l'austérité, c'est elle qui s'est levée pour laisser sa place à la vieille dame frèle qui semblait souffrir d'un parkinson: elle aurait sans doute eu des problèmes d'équilibre lors du prochain arrêt du bus.

Ils n'ont rien volé du tout... mais aucun d'eux, situés plus près de la vieille dame, n'a offert sa place.

Cette fois c'est une vieille dame... mais lorsque c'est une femme très enceinte dans l'autobus, pas plus un maudit carré rouge, pas le moindre front commun, pas d'assisté assisté social, pour se lever le postérieur, s'appuyer sur ses jambes. Comme si le gros bon sens ne pouvait jamais se substituer à la règle du premier arrivé, premier servi... La sacro-sainte ancienneté syndicale qui domine même dans le transport en commun, malgré les affichages suggérant l'utilisation de son cerveau.



J'imagine que c'est ça la solidarité. Tout leur est du... comme une caste élue. Donc, 4,5%... c'est la moindre des choses. On peut tout négocier ça... négocier combien on est précieux plus que les autres, jusqu'à sa mort, et après. On promet le combat pour l'appauvrissement des générations futures, l'enrichissement des privillégiés d'aujourd'hui... Ce sera une lutte épique, à coups d'effigies géantes en papier mâché.

Épouser des causes sur Facebook, c'est une chose. Faire concrètement un don c'est une autre. Faire preuve de civisme dans l'autobus, c'est pas donné à tous les mariés à une cause équitable et solidaire, ceux qui sauvent le Québec chaque jour parce qu'ils existent comme partie intégrante du modèle, même en congé.

Ils n'ont rien volé ces employés masculins qui ont reçu un chèque "d'équité salariale", c'était une autre forme de "rattrapage"... fait sur mesure pour la fonction publique (lien partial du Devoir qui fait croire que seules des femmes ont reçu un chèque). Deux milliards à payer par nos enfants, parce que directement mis sur la dette. Deux milliards qui ont payé des spas, des voyages dans le sud, un chalet. Rien de trop beau...

Connaissez-vous une commis de dépanneur qui fait des chiffres de 10 heures debout au salaire minimum qui a reçu rétroactivement de l'équité salariale?

Ils n'ont rien volé, et leur solidarité c'est de faire les poches au Québec jusqu'au dernier cent, parce qu'après le dernier, cent, il y en a d'autres dollars... Ceux que l'on obtiendra par hausses de tarifs, hausses d'impôts, et baisses de services. Pour sauver le monde, faut un peu faire comme Robin des bois: extorquer les "riches" travailleurs du privé, ces familles à 60 000 $ et plus... pour se servir d'abord, et ensuite "redistribuer la richesse" selon les volontés de la centrale syndicale.

Dans le modèle... faut être un numéro prioritaire, un VIP.

Le front commun c'est solidaire... il ne vole rien, mais il prend juste toute la place... il laisse tomber les pauvres vieilles dames, il laisse le bénéficiaire dans sa saleté.


Ce 4,5% de rattrapage, pour le front commun qui ne manque pas de front... alors que ceux qui paient ont 1,5% à 2%, lorsque ce n'est pas tout simplement rien... Tout part en hausses de taxes et de tarifs. Hydro, la garderie quand t'as une place, marché du carbone de merde. L'État québécois donne des services toujours plus médiocres, à moins de gens, qui attendent plus longtemps, en faisant payer toujours plus.

ILS VOUS DIRONT QU'ILS PAIENT EUX-AUSSI DES TAXES ET IMPÔTS... Comme si c'était si difficile pour celui qui a la sécurité d'emploi et le fond de pension à prestations déterminées... et 4,5% par année, sinon... on bloque tout. Question: On vous donne 3 millions $... accepteriez-vous en échange de payer 1,5 millions $ en taxes ou en impôts?

C'est ça la "libre négo" : L'électeur-contribuable n'a pas son mot à dire sur le montant qu'il se fera extorquer. Bloquons Charest, bloquons Couillard... bloquons les élections tant qu'à y être? Même lorsque le fédéral lancera une bouée au contribuable québécois, un peu d'oxygène, ce sera saisi, comme pour les baisses de la TPS.

Pour les autres, c'est la retraite sur la régie des rentes à 67 ans... peut-être bientôt à 70... alors que les fronts de boeufs en commun parlent encore de semaine de 4 jours, et sont promis à une "Liberté 55"...

Il n'ont pas fait de bébés pour devenir des payeurs de taxes, donc... on fera rentrer des médecins pour faire le taxi, et du cheap labour du Guatemala pour ramasser les fraises.

Rien volé... sauf que le complexe G de Québec, avec ses 32 étages de fonctionnaires, a son propre CPE. Vous autres qui travaillez au privé au centre ville tout près... essayez d'avoir une place à cette garderie subventionnée à 7$... (inscription liste d'attente pour la région au complet... on ne vous rappelle jamais). On a une solution pour vous: Au privé à 50$ par jour. Rien volé, mais pas de place pour toi "dans le réseau", dans cette "réseaucratie". Après le généreux crédit d'impôt, ça reviendra trois fois plus cher faire garder ton futur contribuable, comparé au "front commun" qui pratique la vraie conciliation travail-famille dès 15 heures à la maison le vendredi.

Ils n'ont rien volé... Mais ils ne laissent rien, même pas la place dans l'autobus à cette vieille dame.

C'est ce qu'on appelle le "rapport de force"...

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