dimanche 2 août 2015

Le veto qui appartient aux criminels...

Vitali Tchourkine, ambassadeur de la Fédération de Russie aux Nations Unies depuis 2006,
personnage lié à bien des histoires depuis 1963
Aux lendemains de la seconde guerre mondiale, à la création des Nations Unies, le 17 janvier 1946 on accordait à l'Union Soviétique une place au Conseil de sécurité, ce qui de fait, accordait un veto à un état criminel contre l'humanité (goulags-travail forcé-déportations-holodomor) et contre l'ensemble des principes de la Charte des Nations Unies... dont en voici le préambule:

« Nous, peuples des Nations unies 
Résolus
à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit internationalà favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,
 
Et à ces fins
à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinageà unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationalesà accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt communà recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples,
 
Avons décidé d’associer nos efforts pour réaliser ces desseins
en conséquence, nos gouvernements respectifs, par l’intermédiaire de leurs représentants, réunis en la ville de San Francisco, et munis de pleins pouvoirs reconnus en bonne et due forme, ont adopté la présente Charte des Nations unies et établissent par les présentes une organisation internationale qui prendra le nom de Nations unies. »

Dès les premiers mots, la moitié des états membres de l'Assemblée générale devraient être exclus...

En 1992, le président russe Boris Elstine demanda aux membres de reconnaître la Fédération russe comme successeur à l'Union Soviétique à l'ONU, ce qui fût accordé, et le siège au Conseil de sécurité est alors allé au successeur.

Donc... j'en arrive à ce qu'a encore fait la Russie dans le "concert des nations" la semaine dernière: Elle a utilisé son veto pour empêcher la création d'un tribunal spécial pour juger les responsables de la destruction en plein vol du vol MH17 au-dessus de l'Est de l'Ukraine contrôlée par les rebelles soutenus en effectifs, en matériel, en logistique et politiquement par Moscou. Ce veto vient, en quelque sorte confirmer leur implication.

Je pourrais parler longuement une fois de plus pour dénoncer ce régime terroriste et mafieux, et j'aurai certainement d'autres occasions pour le faire, mais le but de mon texte aujourd'hui est seulement de mettre la lumière sur qui parle et agit.

L'ambassadeur russe aux Nations Unies qui a pris la parole mercredi le 29 juillet dernier est Vitali Tchourkine (écrit en anglais Vitaly Churkin). Cet homme d'âge mur, 63 ans... a déjà été un enfant-vedette... de l'époque du grand cinéma soviétique de propagande. Alors agé de 11 ans, le petit Vitali se faisait raconter des histoires dans le lit avec tonton Lénine au grand coeur dans le film Sinyaya Tetrad. Il a ensuite joué dans au moins deux autres films jusqu'en 1967, pour après se concentrer sur des études en anglais.

Vraiment... c'est louche.
Est-ce qu'on y voit un lien? Eh bien, que les apparatchiks de l'URSS de l'ère Kroutchev qui réussissent à mettre leur enfant dans un film, sont aussi ceux qui en font un diplomate, et qu'après la chute du régime, il est toujours là en public, au premier rang 52 ans après avoir fait la sieste sur l'épaule de "monon'c terreur".

Mais les histoires à raconter par le jeune ami de Lénine ne s'arrêtent pas là: En 1983, l'Union Soviétique abat un avion civil coréen (269 morts) et Tchourkine est alors secrétaire à l'ambassade de l'URSS à Washington. En 1986, il revient à l'avant plan à 34 ans pour avoir été celui qui a été désigné pour témoigner au sujet de l'accident nucléaire de Tchernobyl auprès des représentants américains. Il aurait été désigné parce qu'il était celui qui parlait le mieux l'anglais dans le personnel de l'ambassade à Washington. Son passage remarqué a fait l'objet d'une parodie dans une série de caricatures dans le Washington Post à l'époque, on l'a alors appellé Vitaly "Charmyourpantsoff".

Autre part, Tchourkine a été ambassadeur au Canada de 1998 à 2003, après l'avoir été en Belgique...

Qu'est-ce qui a changé en Russie depuis les goulags, d'accidents en accidents, d'avions civils abattus "par erreur" jusqu'à aujourd'hui? Vitali Tchourkine lui, est toujours là pour la propagande et recoller avec du ruban adhésif, les pots cassés à coups de masse.

Pour en revenir aux 298 morts du vol MH17... ce qu'on sait un an plus tard, si on laisse de côté la propagande qui vient des poutinistes, c'est que l'avion a été abattu par des missiles BUK, matériel qui s'est déplacé partout en plein jour, photographié de multiples fois dans la zone calculée pour le lancement, et un tweet d'un commandant rebelle se vantant qu'ils avaient abattu un Antonov au même moment.

Une autre thèse parle que le lanceur BUK qui a traversé de la Russie dans la zone rebelle et ensuite est retourné en Russie, visait délibérément à abattre un vol civil, mais un autre... un rempli de russes, qui auraient alors été offerts en sacrifice, pour plonger l'Ukraine dans l'embarras, faire changer les perceptions, même justifier une invasion massive.

Parce qu'en république de Poutinia, on hésite pas à sacrifier des vies russes pour nourrir les intérêts de ses dirigeants.


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MISE À JOUR 3 Août 2015

L'épisode sur l'histoire le liant au vol 007 de Korean airlines est encore plus intéressant: Non seulement Tchourkine était en poste à Washington en 1983 lorsque les soviétiques ont du expliquer la destruction de cet avion civil, mais selon plusieurs sources, ce serait lui qui a répondu au téléphone lorsque les représentants des États-Unis ont appellé pour demander ce qui s'était passé.

C'est alors que Vitali Tchourkine, aurait répondu instinctivement "ce n'est pas nous"... réponse qui par la suite a été corrigée en haut lieu, l'Union Soviétique ayant admis le 5 septembre, avoir détruit l'avion le 1er septembre, au lendemain que le président Reagan ait accusé l'Union Soviétique et ait parlé de "crime contre l'humanité" à la télévision.

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