mardi 29 septembre 2015

Citoyenneté révoquée: Citoyenneté à deux vitesses?

Je n'avais pas encore beaucoup parlé de la campagne électorale, parce que moi aussi j'ai pris des vacances en août... et que la véritable campagne semble bien avoir pris son envol à la mi-septembre.

Thomas Mulcair pense très fort, mais pas assez

C'est là que les sondages ont pris contact avec la réalité que deux chefs de partis principaux étaient des lunatiques, des incohérents, des déconnectés du monde réel. La question du niqab en est un excellent exemple... mais le dossier de la révocation de la citoyenneté illustre aussi le même problème et en soulève un autre: Le Canada n'a pas d'alternative à Stephen Harper pour diriger le pays.

En débat et devant les médias, après cette affaire du niqab, Trudeau et Mulcair jouent une drôle de carte devant les électeurs canadiens: Celle de la bonté infinie du pays qui montre l'autre joue et qui lance le message au monde entier que sa citoyenneté peut être donnée à des gens hostiles, aux valeurs incompatibles, et le visage caché.

En prenant position contre la mesure proposée par le gouvernement sortant de Stephen Harper, de révoquer la citoyenneté à des gens reconnus comme terroristes, ils s'affirment comme ceux qui pardonnent n'importe quoi d'emblée et acceptent que la valeur de la citoyenneté canadienne soit amoindrie à un simple document, et comme dans le dossier du niqab à l'assermentation, bafoue le sens profond de l'allégeance à notre pays. Mais cela ne s'arrête pas là, ils mentent par leur argumentation.

Épreuve des faits:

Depuis 1977, le Canada a retiré 54 fois la citoyenneté à des immigrants. Par exemple, si quelqu'un obtient sa citoyenneté sous de fausses déclarations... ou encore, si la personne a été déclarée criminelle de guerre. C'est arrivé sept fois pour d'anciens criminels nazis. Or, en 2015... Deux candidats au poste de premier ministre, Justin Trudeau ET Thomas Mulcair NE VEULENT PAS QUE L'ON APPLIQUE CETTE MESURE À DES TERRORISTES, qui par définition, sont des criminels de guerre, criminels contre l'humanité, et des gens qui obtiennent la citoyenneté sous la fausse représentation de n'accorder aucune valeur à son serment de citoyenneté.

Sur cette base, leur "ami" Omar Khadr, reconnu coupable d'avoir tué pour une organisation terroriste ne pourrait même pas perdre sa citoyenneté, car il est né à Toronto.

Mais cela s'appliquerait à son père, s'il n'était pas parti pour rejoindre quelques dizaines de vierges un peu prématurément, mais pour le plus grand bien de l'humanité.

Bref, ça vise les indésirables, les traitres, ceux qui viennent faire du mal chez nous, ceux dont personne de sensé ne veut.

Pourquoi faut-il que Justin Trudeau et Thomas Mulcair poussent leur inconscience et leur délire idéologique jusqu'à ce point? Qu'est-ce que des combattants de l'état islamique ont de "meilleur" que des criminels nazis pour recevoir un traitement différent, préférentiel, ce par rapport aux 54 personnes qui ont perdu leur citoyenneté canadienne depuis 38 ans?

Cette information est très difficile à trouver, elle est essentiellement disponible en anglais et bien cachée sur la toile. Il semble que cela ne tente pas tant que ça aux journalistes de Radio-Canada, très intéressés par des hausses de financement promises par Mulcair et Trudeau, de faire "l'épreuve des faits" sur cette question: Est-ce vrai que l'on ne doit pas révoquer la citoyenneté à des immigrants qui se sont avéré des terroristes parce que cela créerait une 2e classe de citoyens?

La réponse, c'est qu'il y a déjà deux classes de citoyens canadiens pour ce système qui fonctionne depuis 1977, soit depuis l'époque de Trudeau père... Il y a ceux qui sont nés au Canada et ceux qui ont été naturalisés et qui peuvent dans des circonstances très exceptionnelles, se voir révoquer leur citoyenneté.

Le Canada serait-il une exception dans le monde de vouloir faciliter la révocation de citoyenneté? Vérification faite, l'Australie et le Royaume Uni peuvent révoquer la citoyenneté à une personne avec une justification aussi vague que dans "l'intérêt du public".

Encore, Trudeau, Mulcair, et Radio-Canada mentent: Omission, dissimulation, fallacie, et fourberie.

L'intérêt du public canadien ce n'est pas ce que Trudeau et Mulcair proposent: c'est plutôt que les terroristes aient la vie la plus dure possible au Canada et qu'ils puissent être retournés là d'où il viennent, en autant que possible, pour être jugés pour leurs crimes contre l'humanité.

Dehors les vidanges!



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samedi 26 septembre 2015

Le "laitte" et la bête : Liberté d'expression?

J'ai toujours trouvé que le petit Jérémy chantait mal.

J'ai toujours trouvé que ce qu'il chantait donnaît la chair de poule... mais pas parce que c'était bon.

Jérémy Gabriel a maintenant 18 ans et habite Charlesbourg.
J'étais mal pour lui quand TVA et les journaux de Quebecor le passaient partout pour vendre des copies aux grands-mères qui écoutent religieusement "l'École des fans". J'étais mal parce que je savais bien que ça resterait... et qu'un jour il risquerait de la regretter, cette "carrière" absurde d'enfant qui n'a jamais choisi de se faire entrer dans la tête par sa mère de chanter, ou de se faire entrer dans la tête de la religion, pas choisi sa face, et d'avoir cette face exposée en bas âge à une critique pour lequel il ne pouvait pas être préparé.

Et en même temps, on recule de 10 ans... on l'imitait autour d'une bière... Pas pour rire de lui... mais pour rire de l'absurde de la situation... peut-être plus pour rire de ceux qui aiment ça, rire de ceux qui nous présentent ça comme produit culturel. On faisait pas ça en public, ça faisait pas de peine à personne.

Au fond, on est toujours mal face aux handicaps... du moins, si on est pas des psychopathes insensibles. On aimerait pas que cela nous arrive... ou arrive à notre enfant. On sait qu'on peut faire un ACV ou un accident d'auto, et finir cloué des décennies à un fauteuil roulant ou dans un lit avec un bain par semaine.

C'est pour ça que le concept de ne pas rire des handicapés, normalement on nous le rentre dans la tête assez en bas âge. Ça fait partie d'un standard minimum d'éducation.

  • C'est méchant et gratuit
  • C'est contre le bon sens le plus élémentaire
  • Tu ne sais jamais ce que la vie te réserve
  • Ta mère va avoir honte de toi

Puis il y a une certaine empathie...

J'aimais pas le phénomène du "petit Jérémy"... MAIS je trouve que de viser dans un show d'humour un enfant handicapé de 12, 13, 14 ans à l'époque, un syndrôme génétique de Treacher - Collins qu'on traite de "laitte" tous les soirs d'une tournée, et qu'ensuite c'est repris à la télévision pendant des années... C'est complètement débile.

C'est débile, mais peut-être que j'aurais rit la "joke" de Mike Ward quand j'avais 17 ans... mais vous savez qu'on est vraiment cons à 17 ans. Heureusement, pour la plupart, c'est temporaire.

Heureusement... il y a des adultes pour démontrer une certaine réprobation sociale: Franchement les gars!

Ce qui est encore plus "débile" dans l'histoire... c'est d'attendre des mois avant un procès, de ne tenter aucun "damage control", ne faire aucune excuse, aucune offre pour prouver que c'était finalement pas personnel... que tout ça a été trop loin, qu'on est désolé des conséquences qu'on avait pas prévues. Et, si on l'a fait mais que la famille et les avocats l'on refusé... bien, le dire au public. On invite Jérémy à faire un caméo... ça surprend le public, on répare un certain dommage, tout le monde est content, on enterre l'affaire.

Certains reprochent à Jérémy de vouloir faire de l'argent... C'est comme si "Mike" lui, en avait pas fait sur son dos? Si vous servez d'inspiration à une lucrative tournée... normal que l'on vous dédommage...

Parce que si un humoriste vend son show sur le dos d'une personne précise... vulnérable, devant ses collègues de classe avec des téléphones pas intelligents, fragile devant ses parents qui semblent manger des osties bénites à tous les repas... parents qui en ont un peu fait une "bête de cirque", j'ose croire sans le vouloir... Dans ce cas, CET HUMORISTE LUI DOIT CERTAINEMENT QUELQUE CHOSE.

Jeff Fillion...

Tout le monde se souvient de Jeff Fillion et de ses déboires qui se sont échelonnés sur toute une décennie. Je l'écoutais chaque jour. J'ai jamais trouvé que Martin Deschamps était un artiste très original sur disque. En spectacle, c'est autre chose... rendu adulte, il a roulé sa bosse, bâti sa carrière, et se livre sur scène, il performe. Il a choisi sa carrière. Son style n'est vraiment pas mon genre... mais il mérite un certain respect... pour avoir surpassé l'état de simple handicapé et de se surpasser, atteindre son but. Je me souviens du jour où Fillion a présenté Martin Deschamps à son public à la radio comme un phénomène intéressant... un gars talentueux. J'avais jamais entendu parler de lui, c'était au tout début. Lors des appels qui ont suivi l'entrevue à la radio, des auditeurs ont signifié que c'était mauvais... Ils avaient le droit de ne pas apprécier. Mais Fillion s'était emporté en ondes contre eux... "Il est handicapé... tu fais quoi toi dans la vie? Tu ne montreras jamais autant de courage que lui... c'est facile au téléphone"...

Martin Deschamps
Une ou deux années plus tard... On voyait Martin Deschamps partout. Trop partout. Un matin où Fillion avait enfilé un de ses personnages, celui de mauvaise humeur, où peut-être plutôt celui qui a besoin de frapper un coup en période de sondages... a dit qu'il était tanné de voir Martin Deschamps partout dans les médias de Quebecor. Il a dit que hier soir, au souper, il n'avait pas apprécié le voir avec ses enfants à la télé... que ça "levait le coeur", un "monsieur Patate qui manque des bouts"...

Il s'est excusé. "Faute avouée, à moitié pardonnée" disent les vieux sages.

Fillion a dit ça de Martin Deschamps UNE SEULE FOIS en ondes. C'était vraiment pas sa meilleure journée. Moi aussi je trouvais que Martin Deschamps était surexposé... mais cette fois-là je me suis demandé quelle mouche avait bien pu piquer Jeff Fillion pour avoir démontré carrément l'attitude inverse sur la même personne, le même chanteur-musicien handicapé qu'il avait défendu contre des auditeurs qui trouvaient eux-aussi que d'être handicapé n'était pas un gage de talent... ou d'originalité en musique.

Martin Deschamps a répondu à Fillion avec une certaine violence: "J'espère que tu te feras rentrer dedans par un bus"... C'est pas élégant... pas très rehaussant. Cela a clos le dossier. Une dégueulasserie méchante s'est fait répondre par une autre méchanceté... fini.

Je suis resté avec mes doutes sur Jeff Fillion et j'ai quand même soutenu sa cause. Il contestait les quotas à la radio, une forme de censure... Et avec Arthur, il s'en prenait aux notables au coeur d'un scandale d'exploitation sexuelle de jeunes filles... Mais jamais, j'aurais accepté qu'il vende de la pub à s'en prenant à un enfant difforme en le traitant de "laitte" jour après jour. J'aurais fait partie de ceux qui l'auraient condamné au lieu de marcher à sa défense le 20 juillet 2004 dans les rues de Québec en compagnie de 50 000 personnes.

Jérémy 2.0

En 2004, on était pas trop branchés sur Facebook ni sur twitter.

Les controverses pouvaient partir une fois que les médias traditionnels passaient à autre chose. Aujourd'hui, on a accès direct aux conséquences du bullying médiatique qui parfois, en pousse un au suicide. Certains sont faits plus solides que d'autres... mais on voit l'oeuvre de personnes carrément méchantes et idiotes. On voit l'effet d'entraînement qu'un spectacle d'humour vu par des dizaines de milliers de personnes a sur les diverses sortes de "fans" qu'un humoriste peut avoir. Moutons, chèvres, perroquets... débiles profonds, le plus petit dénominateur commun.

Celui qui en profite pour en ajouter...


Celui qui a une obsession homophobe...









Celui qui voit dans son héros millionnaire un demi-dieu...

Celle qui voit un dieu... et qui veut coucher avec...









Celui qui pense souvent à Justin Bieber...






Celui pour qui Mike Ward est une victime du méchant Jérémy qui veut le dépouiller... L'humoriste provocateur qui mènerait un "combat pour la liberté d'expression" au même niveau, à la même valeur que les caricaturistes de Charlie Hebdo, tués dans cette attaque sauvage et sanglante qui a fait 12 morts il y a 9 mois à peine.

Quand tu vois tes fans se comporter comme ça... tu ne ressens pas une certaine responsabilité?

ÇA c'est Charlie

"Je suis Mike" disent-ils...

Un "héros" de la liberté d'expression ne s'abaisse pas à faire avaler que c'est un droit fondamental que de traiter un jeune ado de "laitte", d'écraser un faible seul avec sa foule aux rires gras.

Un "héros" de la liberté d'expression ça a des principes, et ça défend des causes qui méritent d'être défendues... Le droit à des élections libres, le droit de ne pas être emprisonné arbitrairement pour des paroles qui ont déplu, la liberté de presse qui est disparue en Russie... le droit de communiquer des idées qui vont à l'encontre de la religion en Arabie Saoudite sans être condamné à 1000 coups de fouet.

Mike Ward ici ne défend pas Raif Badawi, ou Garry Kasparov qui a du quitter son pays parce qu'il est le prochain sur la "shit list" de Poutine après Boris Nemtsov. Mike Ward n'utilise pas Jérémy pour vous ouvrir les yeux sur l'horreur des lapidations et décapitations en pleine rue en Arabie Saoudite et dans l'état islamique. Mike Ward s'attaque à un faible... parce qu'il était tanné de le voir, de l'entendre... des années après sa dernière prestation.

On est pas en train de se mobiliser pour retrouver les centaines d'écolières enlevées par Boko Haram au Nigeria...

On est en train de faire du bullying sur un handicapé... et on dirait qu'une partie significative du Québec est trop "consanguine" pour comprendre qu'à un moment donné faut reculer lorsqu'on va trop loin.

Ce que l'on voit aussi sur les réseaux sociaux... c'est que tout se beau monde qui supporte Mike Ward jusqu'à Charlie, jusqu'à prendre le relais pour la poursuite de l'intimidation... sont à peu près tous analphabètes, incapables d'écrire une phrase sans faire 2-3 fautes, incapables de structurer leurs idées.

Le plus petit dénominateur commun... c'est ça ton combat Mike?

Quand tu fais brailler quelqu'un... tu ressens quoi? De la fierté? Tu vas polir tes trophées?



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