mardi 9 février 2016

Tout ce que Gilles Proulx n'a pas enseigné à son fils

Un des problèmes qui fait que la droite au Québec ne lève pas... c'est que trop souvent, on a affaire à des héritiers politiques de Pétain, des grenouilles de bénitiers, des anglophobes, des nationalistes déréglés, plutôt que des héritiers de Churchill et Reagan, des défenseurs du monde libre, et des vainqueurs. On a une droite de perdants ici, comme on a des hommes d'affaires dépendants de l'État.

Je suis tombé cette semaine sur Facebook, par presque pur hasard, sur le fils de Gilles Proulx. La pomme tombe souvent près de l'arbre... Comme la pourriture emporte aussi le panier de pommes entier.

Bock-Côté lui est plutôt réticent à s'afficher clairement pro-Poutine. Il l'excuse, le justifie, c'est dérangeant, mais il garde une certaine distance prudente, même si c'est vraiment pas assez. Ce n'est pas le cas de Nicolas Proulx.

J'aime bien mettre l'accent sur le côté arriéré des québécois en politique. Exemple, dans l'électorat, c'est encore la question de 1980 qui scelle le résultat de l'élection de... 2014. On est soit nationaliste, supposément en se tenant debout, ou bien on est "fédéraste". Moi j'ai une autre échelle: Pour ou contre la liberté. Pour ou contre la démocratie, pour ou contre l'état de droit, et la liberté d'expression.

Tu peux toujours être un socialiste, si t'es pas un anti-occidental. Je préfère l'idéaliste déconnecté de gauche, rêveur, naif, qu'au fasciste qui justifie des meurtres. Et, bien sûr, on évalue la profondeur des arguments.

Les poubelles Montréal VS Québec 

Chaque fois qu'un enragé haineux montréalais anti-ville de Québec m'apostrophe sur les médias sociaux en me traitant d'adepte de "radio poubelle" de Québec, de "consanguin" régional, comme ils savent si bien dire avec distinction dans le Québec tricoté serré pure laine de Montréal (Petite petite petite Patrie), j'ai plusieurs choses à répondre... Comme: c'est quoi ton problème avec la radio de Québec? T'as jamais entendu Gilles Proulx?

Gilles Proulx, c'est la droite "paléo" montréalaise. C'est celle comme Stéphane Gendron, mais un peu vieille, élevée aux délires suprémacistes du chanoine Groulx.

Lionel Groulx a été un historien fasciste, qui s’inspirait de l’extrême droite française. Mais par un curieux retournement de l’histoire, il est devenu un héros pour certains Québécois. Pourtant, il a prononcé des discours fascistes inimaginables. Par exemple, selon lui, Benito Mussolini était un homme respectable! Groulx défendait aussi l’idée que la seule race pure était celle des Canadiens français blancs catholiques.
-Esther Delisle, essayiste, politologue et historienne 

Ça mange des osties. Ça monte les escaliers de l'oratoire Saint Joseph à genoux. Ça prie pour le Canadien de Montréal, mais c'est pas "canadien", c'est séparatiste pur et dur, de souche.

Ça ne le dit pas trop souvent, mais en privé, ça n'aime pas les noirs, les indiens, et surtout, les américains, les juifs et les anglais. Juste ça.

On nous fait croire que les régions du Québec sont peuplées de colons racistes qui, s'ils étaient un peu plus instruits, comprendraient qu'il faut voter PQ et être séparatiste (ce qui rend le racisme, et la droite, acceptable). Vous comprendriez qu'un colon à Montréal, ça n'existe pas, et que c'est a Montréal de montrer la voie en politique, en culture, et à la radio.


Les neuf vies de Gilles Proulx


Dans le début des années 90, dans mon adolescence, j'écoutais Gilles Proulx au "journal du midi". CJRP 1060 AM de Québec, la station Radiomutuel, était branchée réseau sur CJMS 1280 Montréal (le vrai CJMS, pas celui qui a repris l'indicatif de l'autre).

Ça brassait pas mal. Parfois, on pouvait entendre Gilles Proulx, homme de grande culture et d'érudition, grand voyageur, crier après ses invités comme un fou. L'entendre se cramponner sur la table du studio, frapper sur la table de son poing.

Il reproche aux autres de sacrer aujourd'hui. Il a été prouvé extrait à l'appui qu'il y a un langage Gilles Proulx sur les ondes, coloré, et un autre hors d'ondes, extra-coloré, rempli de sacres enchaînés, déchaînés, les uns contre les autres.

Tout un personnage...

Il a souvent erré. Il a souvent dérapé... de beaucoup. L'été 1990 a été marqué par la crise d'Oka. Des groupes autochtones "guerriers" venus de plusieurs régions du Canada et des États-Unis, occuppent les villages de Kanesatake et de Kanhawake à l'ouest de Montréal. Ils bloquent les accès, ferment le pont Mercier, érigent des barricades, pour forcer la cession d'un terrain privé où un golf doit être agrandit à leur réserve. Lors de l'érection des barricades, la Sureté du Québec tente d'intervenir, un policier est tué dans une fusillade. Les "warriors" sont lourdement armés d'armes automatiques, la SQ ne fait pas le poids. Les Forces Canadiennes débarquent à la demande du premier ministre Bourassa.

Gilles Proulx crache dans son micro avec ses couleurs, qu'on devrait frapper fort pour arrêter ces bandits. Dans un sens, à mon avis, il n'a pas trop tort... Mais dans le manque de nuances et dans la teneur de hargne de ses propos, l'auditeur est chargé à bloc.

Entre les citadins blancs de Châteauguay, les warriors, les soldats de l'armée, les résidants de la réserve autochtone sont pris en otages. Lorsqu'un soir de fin de semaine, les familles de Kanhawake essaient de sortir de la réserve occuppée par les bandits qui règnent dans la terreur, la foule de Châteauguay jette de lourdes pierres sur les voitures remplies de femmes et d'enfants le 28 août 1990.

Il faut chercher les images de cet événement en anglais, car toutes les rétrospectives de la crise d'Oka en français ne montrent pas ces images. Elles sont reprises dans un documentaire de l'ONF  "Pluie de pierres à Whiskey trench" (2000).


Triste épisode de l'histoire assez récente du Québec.

Triste épisode de sauvagerie, pour quiconque attaché à des valeurs de droit, de justice, de démocratie. Aucune famille ne mérite d'être terrorisée de la sorte en circulant sur la route. Ces gens n'étaient pas les warriors qui bloquaient le pont. C'était les résidants qui quittaient la réserve avec leurs enfants. Ils s,en souviendront toute leur vie, et l'histoire sera racontée à leurs enfants... Même si lorsqu'on parle d'Oka en 1990, on pense au fromage, parce qu'on a effacé l'histoire de nos mémoires.

La SQ et l'armée n'ont pas fait grand chose pour débloquer le pont... mais au lieu de blâmer Bourassa pour ses hésitations, au lieu de blâmer le ministre de la Sécurité publique de l'époque, les citoyens ont jeté des roches à des familles autochtones.

Moi j'ai honte de ça. Vous me direz que Gilles Proulx n'a pas dit à la population de jeter les roches... Mais pourtant, plusieurs lui ont reproché, et lui même publiquement, a avoué regretter ses paroles de cet été là.

Mais Gilles Proulx, bien qu'il ait dites des choses bien plus graves que Jeff Fillion ou André Arthur, aura toujours pu bénéficier d'une vie de plus... Parce qu'au Québec, on excuse tout aux nationalistes.

Maintenant, Nicolas fier de papa

26 ans plus tard, furetant parmi les nouvelles Facebook de quelques connaissances, je tombe sur Nicolas Proulx, fils de Gilles Proulx, qui donne son opinion contre les gauchistes et les socialistes.

Normalement je serais plutôt d'accord, malgré que ses propos ne sont pas tellement relevants dans le débat. Le problème que j'identifie, c'est par sa photo de profil... Il pose avec le drapeau russe, lui qu'on voit au travers. Comme lorsqu'on a voulu montrer qu'on était touchés par les attentats de Paris... Notre profil aux couleurs du tricolore de la France.

La "Sainte Russie"... ouch!
Pour Nicolas, la fierté, le soutien, ou pire, le soutien envers le peuple "victime", c'est la Russie. Un peu comme si quelqu'un disait, au moment qu'on est tous "Charlie", que lui, il est "Vladimir".

En 2015-2016, être Vladimir, ce n'est pas vraiment démontrer de l'attachement envers des valeurs de droit, de justice, de démocratie, les mèmes valeurs qui ont fait que j'ai eu honte du comportement des lanceurs de roches à Châteauguay.

Être Vladimir en 2016, c'est supporter celui qui décide d'envahir un pays parce que son pantin cleptocrate a été chassé du pouvoir. C'est supporter celui qui a aboli la presse libre russe. C'est supporter celui qui a commandité le meurtre au polonium d'Alexander Litvinenko, qui a récompensé et protégé de la justice ses meurtriers.

Nicolas Proulx argumente que les médias occidentaux sont des menteurs, et que les médias dirigés par le dictateur Poutine ont raison. Équilibre mental?

Rendu là, je dois dire que Gilles Proulx a mal élevé son fils. Où sont les valeurs démocratiques?

Comment est-ce que le fils d'un animateur de radio controversé assez longtemps, peut soutenir une dictature qui fait taire les journalistes, ferme des stations de radio et de télé? Dissonnace cognitive...

Rendu là, j'ai aussi le goût de dire que si Gilles Proulx avait dit le dixième de ce qu'il a dit contre le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada, au micro d'une radio russe contre le gouvernement russe, Nicolas n'aurait peut-être pas eu le temps de naître, ou il serait vite devenu orphelin.

Papa au goulag (les camps de travail forcé existent encore en Russie), ou papa mort.

Sais-tu comment le héros sur le poster que tu colles en te masturbant trop près traite les séparatistes chez lui, crétin?



Quand j'ai répondu en premier à Nicolas Proulx, je ne savais pas qu'il était le fils de l'animateur de radio que j'écoutais il y a près de 25 ans. C'est en surfant sur son mur Facebook que j'ai lu les "Bonne chronique papa", et "Papa revient au micro"... Tout ça est public au moment où j'écris ces lignes.

Beaucoup de drapeaux du Québec, et des croix ostentatoires. La "Sainte Russie"... Mais pas de valeurs démocratiques, et apparemment une belle grande bigoterie d'ultra-catho. Pas de problème si l'eau bénite a une teinte rougeâtre.

Tout ça En parfaite communion avec les habitudes de l'ultra-catholiscisme québécois: nationalisme, mépris des femmes, soutien des dictatures (régime de Vichy), haine des protestants anglo-saxons et de la juiverie. Poutine est bien d'accord avec ça aussi, on y respire l'encens de l'église orthodoxe russe à plein nez, dieu est de notre bord et nous autorise à tuer. On change de dieu si c'est Ramzan Kadyrov qui exécute, mais le résultat comme le bénéficiaire sont les mêmes.

J'oubliais de mentionner que papa Gilles a toujours aimé Dave Hilton, le père incestueux. Le frère de Dave, Alex, aussi boxeur, autre dossier criminel épais comme les Pages Jaunes, like régulièrement les posts de Nicolas. Le monde est p'tit.

Avec Gilles père et fils, on aime pas trop ça les petites filles qui se font violer. On veut protéger les gars, les frères Hilton, ou l'autre qui a essayé de tuer celle qu'il avait violé en la jetant dans le fleuve qu'il a appelé sur les ondes, "la petite garce" (2005).

Donc, dites-moi encore que Québec est la ville des radios poubelles, je connais bien où est le dépotoir des chemises brunes de Montréal: Regardez Proulx père et fils. C'est bien propre, ça porte la croix dans le cou, ça t'engueule en te traitant de bazoutalène, ça dénonce les autres qui blasphèment à Québec, les "américanisés"... mais, être vendu aux russes... ça c'est parfait.

Notre échange aurait pu rester sur Facebook, dans la mer de ces interventions sans intérêt, être oubliée après une semaine. Mais Nicolas tenait à répondre, et y aller d'une technique spéciale: Bannir l'usager auquel on répond pouir ne pas qu'il réponde, et ainsi garder le dernier mot, parce que l'autre ne peut même plus lire la discussion.

J'ai pu quand même lire, parce que je suis un peu plus futé que ça.

Je pourrai donc répondre...

C'est étonnant qu'un gars qui me parle d'auteurs "objectifs" n'en cite qu'un seul, spécifiquement sélectionné, et qu'il parle d'un dictateur comme d'un "grand homme" un "homme très intelligent", comme principaux arguments...

1- Vladimir Poutine est à la tête d'un régime qui entretient parmi les meilleures relations diplomatiques avec la Corée du Nord. Kim Jong Il, père de Kim Jong Un, a même pu visiter Vladimir Poutine deux fois Russie, ses rares sorties de Corée du Nord, toujours en train, parce qu'il a peur de l'avion. Son fils lui n'a pas peur de l'avion, il s'est procuré un Ilyushin 62, russe. Nicolas pourrait demander à papa comment ça se passe en Corée... papa Gilles y est allé l'an dernier.

Le train du Juche, en voyage en Russie... avec bien sûr le tapis rouge, on détourne tous les autres trains pour laisser le passage sur 7000 kilomètres.
Donnes-moi ta bouche


2- Boris Nemtsov corrompu? Voilà que Nicolas from Montreal, aurait décortiqué l'énigme... Un ancien premier ministre russe, d'un court mandat, du temps que la Russie était ruinée par l'effondrement de l'Union Soviétique (ce qui était pillé dans ce temps-là devait servir aujourd'hui). Le seul "corrompu" de cette époque, dans une opposition féroce au régime, que Poutine n'aurait pas eu le temps d'enfermer, torturer, tuer en prison, comme il a fait à bien d'autres. D'ailleurs, on a plus de chances d'être corrompu en étant dans l'entourage de Poutine que d'être mort tué par Poutine parce qu'on est un opposant de Poutine...

Elstine a été évincé du pouvoir par Poutine, lors du "bug" de l'an 2000. Il était corrompu, vrai, et les maîtres marionettistes avaient décidé d'enlever tout simplement l'intermédiaire. Tu devrais savoir ça Nicolas, tu sembles te prendre pour un esprit éclairé. En 2000, Poutine arrive de nulle part, carrière quelconque au KGB où oui, il était un subalterne, dans un emploi presque fictif en Allemagne de l'Est Si tu avais lu autre chose que des récits de renifleurs de flatulences mythomanes adorateurs de soutanes, tu saurais que l'histoire trèrs intéressante de Poutine, les deux mains dans la corruption, commence à peu près à la mairie de Saint Pétersbourg. D'ailleurs, la trainée de sang qu'on peut lui attribuer, celle qui suit ses pas, cette contagion de personnes atteintes de l'épidémie, commence là, au cabinet d'Anatoli Sobchak, mort très peu après l'accession de Poutine à la présidence en février 2000... une crise cardiaque. Il y a tellement de morts autour de Poutine, qu'on doit se demander si une simple crise cardiaque n'est pas un de ses vieux trucs de kgbiste. Entre Saint Pétersbourg et le Kremlin, en 1998 il devient grand patron du FSB, l'organisme successeur du KGB, lui qui n'était que colonel avant de démissionner (de manière ambigüe) du KGB. Il y a aussi cette histoire de blanchiement de milliards de l'argent des cartels de la drogue colombiens qui passe bien près de Poutine à cette époque, dans la mafia russe de Saint Pétersbourg...

3 - La CIA, les États-Unis, les occidentaux, ont essayé en vain de stabiliser la Russie, longtemps, et à plusieurs reprises. La Russie était bien trop pourrie pour être stabilisée selon des normes occidentales. Bien trop pourrie, et occuppée à éliminer la menace séparatiste dans le Caucase... Par épuration ethnique. Les mêmes qui ont guidé les tueurs de Milosevic en Bosnie, et qui ont pris le Donbass en 2014. Au cours du 20e siècle, à au moins trois reprises, la Russie a eu besoin de l'aide matérielle (militaire - des chars) et alimentaire pour subvenir aux besoins de sa population. Avant la 2e guerre mondiale, pendant, et lorsque Poutine prenait son pourcentage dans les années 90 à Saint Pétersbourg. Trois fois en moins de 80 ans, la Russie nourrie par les "méchants américains".



4- Assassinats politiques... La Russie du 21e siècle, et Kennedy tiré à Dallas. C'est pareil pareil pareil... On doit remonter aux années '60 pour se trouver un semblant d'argument... risible. Kennedy éliminé par la mafia, Poutine qui élimine, fait éliminer, parce qu'il est la mafia.

5- Finalement l'argument massue du "peuple heureux". Là aussi, j'ai le goût de citer la Corée du Nord, car on y fait aussi croire que le peuple est heureux dans les médias d'état. Comment le peuple russe peut-il être si heureux... avec 20 millions de population de moins qu'il y a 20 ans. Ça fait pas mal de monde qui sont allé chercher leur bonheur ailleurs...

Le "bonheur russe": Il n'y a pas que l'Ukraine qui a perdu des milliers de maisons grâce à une guerre de 9000 morts pour alimenter le survivalisme russe. Tatiana Samokhval et sa fille dans ses bras tandis que leur maison dans le quartier Adler de Sotchi est démolie le 19 septembre 2012 pour les JO de Sotchi de 2014. 51 milliards $ pour préparer les jeux. Mais zéro kopeck pour Tatiana et sa famille. Source: Human Rights Watch photo de Mikhail Mordasov.

6- Les insultes n'ont jamais tué personne, pauvre petit... Si je te traites de con, c'est parce que tu agis, et que tu parles en con. Ais-je besoin de te faire entendre ton père? Est-ce qu'il t'a élevé en te sacrant après comme il a sacré contre ses collègues pendant des décennies?

Alors, oui, t'es vraiment un p'tit con. Tu peux bien citer DeGaulle... le mythe, un autre personnage ambigu, jamais capable de reconnaître la main qui l'a nourri. Celui pour qui, il a fallu arrêter l'avance des américains, britanniques, et canadiens, en France en 1944, pour laisser passer le général, qui voulait entrer dans Paris avant les autres, avant ceux qui ont ouvert le chemin.

Je dois cependant conclure que ton héritage politique est davantage celui de Pétain, le retour aux bonnes vieilles valeurs de la religion, les colons, leur collaborateur.

***
Les "j'aime" de Nicolas Proulx...


Archives du blog