mardi 28 mars 2017

Quand j'en ai assez de la victimisation des professeurs, je ne dis seulement que la vérité

Il y a plusieurs façons d'exprimer son point de vue, "d'enseigner" sa pensée. Sur Facebook maintenant, on a les "fake news", les tirades politiques pas toujours fondées, les vidéos de chats, les gifs amusants, les "meme", et... les chialages de professeurs syndiqués.

PREMIÈREMENT, ON VA RÉGLER UNE CHOSE DÈS LE DÉPART: LA VOCATION D'ENSEIGNER AUX ENFANTS EST QUELQUE CHOSE DE NOBLE.

Mais...

Il y a quelque chose que nous devrions discuter un peu plus, surtout lorsqu'ils se plaignent sans cesse, que l'argumentaire victimisant sert à un agenda syndical, et que franchement, ils n'ont pas l'air heureux dans leur rôle, encore moins "passionnés" de leur profession.

IL Y A PLEIN DE PROFESSEURS QUI N'ONT PAS LA VOCATION, QUI SONT LÀ POUR UNE PENSION APRÈS 35 ANS DE SERVICE, L'ENSEIGNEMENT EST UNE "JOB" POUR EUX.

PARMI EUX... IL Y A UN GRAND NOMBRE D'INCOMPÉTENTS QUI FONT DES DOMMAGES DURABLES À DES GÉNÉRATIONS MONTANTES ET IL N'EXISTE AUCUN FREIN POUR CONTRÔLER CES DOMMAGES.

Je ne m'excuserai pas de le dire, de le répéter, parce que c'est vrai, et que les enseignants honnêtes, les bons, le savent.

Aux enseignants qui liront ça, il y en aura... Parce que pour certains, entre deux corrections le soir, l'obsession est à trouver des choses à poster sur son mur Facebook pour rappeller que EUX ils sont plus importants que nous, et qu'ils font pitié, parce que les enfants sont des petits monstres... leurs parents sont des abrutis... que c'est si difficile d'avoir des enfants avec des difficultés dans leur classe, et que ça leur empêche d'être des "bons enseignants" pour leur modèle d'enfant idéal: la "bollée" qui amène une pomme sur le bureau de l'enseignante le matin.

Cliquer pour agrandir: Ce prof 1) Over-react 2) A un entourage qui manque de classe, s'il existe


Une chose qui fait qu'un être humain est digne de partager son savoir et son expérience, c'est un peu son humilité. Il ne cherchera pas à avoir de récompense pour son "héroïsme" relatif. Il ne cherchera pas à avoir les fleurs absolument, et lorsqu'on le remerciera et félicitera pour son travail remarquable fait avec passion, il deviendra mal à l'aise, et répondra, "de rien, je n'ai fait que mon travail".

Le travail passionné n'est pas difficile... il est plus facile à faire que la corvée pénible. Les choses relativement difficiles pour la personne moyenne deviennent faciles pour eux...

Or, qu'est-ce qu'on entend des enseignants du Québec? Ils veulent plus d'argent, ils veulent moins d'enfants par classe, il ne veulent pas notre enfant "différent" dans leur classe, ils veulent recevoir des fleurs pour avoir fait... leur travail... et ils ne veulent pas se faire dire "non" lorsqu'on évalue que leur demandes coûteraient trop cher à la province importante la plus pauvre du Canada, et la plus taxée. Ils ne veulent pas se faire dire que leurs demandes représenteraient un fardeau déraisonnable pour des parents qui paient les impôts qui paient leurs services, parents qui n'ont ni sécurité d'emploi, ni fonds de pension à prestations déterminées, et qui parfois, ont étudié plus longtemps qu'un enseignant du primaire ou du secondaire.

On a demandé si cela était possible d'avoir un ordre professionnel pour fixer un cadre à la rigueur de l'enseignant moyen du Québec, oeuvrant au public... fixer des normes mininales, comme n'importe quel employé, ou professionnel, peut avoir. L'avocat a le Barreau, le médecin a le Collège des médecins, l'infirmière a l'Ordre des infirmières, la radio et la télévision ont le CRTC.

L'Ontario a un ordre professionnel pour les enseignants. Pas moyen d'en avoir un pour ceux du Québec: Ils seraient déjà les meilleurs au monde, pourquoi les évaluer?

Je me souviens...

Je me souviens de Suzette en anglais qui parlait français tout le cours, parlait contre le gouvernement libéral de Bourassa, et disait que l'entrepreneur qui avait tenté de résister à la CSN, Raymond Malenfant, était l'antéchrist. On savait comment la "starter" pour qu'elle parte pour tout le cours de 75 minutes, et qu'au bout, on ne travaille pas... Moi je dessinais.

Je me souviens de cette femme malheureuse et frustrée, en français. Elle avait d'énormes boucles d'oreilles. Je me souviens qu'elle me détestait parce qu'elle savait que je pouvais passer son cours sans son aide. Je me souviens qu'elle s'est déjà plainte à des parents qu'une de ses élèves en "classe enrichie" faisait descendre "sa moyenne" (C'était pas moi, je n'étais pas en enrichi... je voulais dessiner).

Je me souviens d'un autre enseignant, toujours en français, qui banalisait l'usage de la marijuana devant une classe de jeunes de 15 ans. Il racontait qu'il avait eu des soirées sous les paradis artificiels lorsqu'il était enseignant dans la merveilleuse région de Sept Iles. Pas nécessairement un mauvais gars, pas un mauvais prof de sa matière, mais un manque de jugement évident.

Je me souviens de la plupart de ces professeurs d'ECC (Éducation choix de carrière) qui n'aidaient en rien le choix de carrière, mais un en particulier qui parlait souvent de planche à voile, et qui avait amené une planche à voile en classe. Ce "cours" était une méchante perte de temps! J'ai toujours trouvé que la planche à voile, c'était surtout l'fun pour celui qui en faisait... et moi j'ai jamais trippé à être un caca qui flotte parmi les autres cacas dans notre beau fleuve brun-gris.

Je me souviens de ces centaines d'heures perdues en enseignement religieux avec des professeurs aux bas bruns. Une fois, j'ai du me mettre à crier, et renverser un bureau, parce qu'à la sortie de la classe, quelqu'un m'avait volé mon étui à crayon, et que le professeur aux bas bruns que l'on appelait Romain Germons (son vrai nom avec des syllabes inversées) n'avait pas eu la présence d'esprit de demander à la sortie: "Donnez-lui son étui sinon personne ne sort". Encore une fois, fallait se débrouiller sans le professeur. J'ai eu mon étui, par moi même.

Je me souviens de tous ces professeurs de mathématiques blasés. Guy qui sentait très mauvais, pas juste la cigarette, mais le fermenté. Denis, très barbu, qui était en classe avec ses sandales de cuir, parfois mettait ses pieds sur le bureau et ouvrait le journal. Pas nécessairement les pires professeurs... mais pas des bons non plus... Aucune passion, fait un travail sans conviction. Attend d'avoir son 35 ans.

Je me souviens aussi de Ginette en économie familiale qui en a vu de toutes les couleurs. On lui imposait des garçons qui n'en avaient rien à foutre de coudre des bermudas. Pauvre elle, elle semblait en dépression nerveuse, et à 14 ans, tu ne donnes aucune chance. Un comique avait amené des grenouilles en classe... moi j'avais mon tire-pois... et j'ai eu de sa part trois samedis matin de retenue, c'est mon principal faits d'armes. En secondaire 2, on essaie toujours de ne pas trop être la victime d'intimidation, donc, mieux vaut s'allier avec les tannants quand on le peut.

Je me souviens de Marc qui accrochait des élèves avec des remarques à l'emporte-pièce, des remarques qui parfois dépassaient les limites, qui pouvaient ébranler un jeune déjà victime d'intimidation. Il a appelé Sylvain dans la classe, un peu perdu, les cheveux longs, "le roi de la forêt". Sylvain était un bully. Mais le petit bonhomme à lunettes, lui aussi pouvait y passer, et les bullies prenaient des notes.

Je me souviens de tous ces professeurs impassibles devant l'intimidation, voulant fumer leur cigarette en paix pendant la récréation.

Je me souviens de d'autres, des professeurs exemplaires, Denis qui était jeune et donnait des cours d'architecture, Sergine qui ne pouvait pas me punir parce qu'elle aimait ma tête blonde, même lorsqu'elle s'est rendue compte que j'ai déchiré des pages dans mon cahier de leçons où elle avait écrit un message à ma mère. Il y avait Lucie qui semblait sortir des religieuses, qui  imposait la prière en classe à tous, mais semblait vraiment aimer tous les enfants de sa classe, et les enfants, même les tannants, l'appréciaient. Yvon, passionné d'histoire, qui avait décoré sa classe avec des drapeaux, avait monté une collection de documentaires passionnants, un avant-gardiste qui aurait davantage du servir d'exemple.

J'ai été au public. J'ai eu des meilleurs, et des pires. Quand j'entends les profs se plaindre... je crois entendre les pires.

Vous ne me ferez jamais croire que c'est justifié de s'inventer de telles bandes dessinées insignifiantes qui ne représentent rien, sauf de la victimisation de quelqu'un qui chercherait à recevoir des fleurs, sans nécessairement les mériter.

Les profs font leur travail: Certains avec passion, d'autres pour la pension. C'est pas tous des héros, aucun n'appelle des parents le soir pour leur dire que leur enfant est le meilleur (le courriel ça existe aussi).

Les meilleurs ne devraient pas s'abaisser à publier de telles... choses. Et puis, à un moment donné, revenez-en. La vie n'est pas facile pour beaucoup de gens. Get a life.

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